ANTHROPOLOGIE. - TYPE JAUNE. 275
Madagascar , et eonstitue encore un peuple croise de la race jaune oceanique avec les races brunede Zanguebar, arabique-abyssinienne de la mer Rouge, et noire de Mozambique .
Les Malgaches, que l’on evalue ä environ quatre millions d’individus, quoique tres-differentsdans leurs populations, ont cependant quelques caracteres communs. (Voyez pl. XI, fig. 2.) Ils sontassez grands, bien faits, de couleur olivätre; leurs traits sont reguliere; leur chevelure est noire,frisee, non laineuse, si ce n’est dans quelques types eminemment croises avec des Negres. Ils pro-fessent le deisme, et croient au bon genie Jankar, vainqueur du mauvais genie Agathic, ou ont em-brasse le mahometisme, car chez eux le christianisme a fait peu de progres : quoique dans cesderniers temps un College ait ete fonde ä Tananerive sous l’influence de deux pasteurs anglais . Ilsse servent des caracteres arabes pour ecrire; et, d’apres Guillaume de Humboldt , l’idiome qu’ilsparlent decoulerait des langues malayo-polynesiennes. Ils sont tres-industrieux: savent tisser lasoie, le coton et les feuilles d’un arbre de leur pays, le bakoi, qui donne une belle etoffe, quoiquerüde etcassante; ilsforgent le fer et Tor, et sont assez avances dans les arts agricoles,qui consistentparticulierement dans la culture du riz, du manioc, des patates, des ignames, de la vigne, etc. I)e-puis 1642 en contact avec les Francais , qui ont cherche ä plusieurs reprises sans resultats bienavantageux ä y former de grands etablissements, et qui ne possedent plus dans ces parages que lapetite ile Sainte-Marie; en contact aussi avec les Anglais et d’autres peuples qui sont venus y trafi-quer et pendant si longtemps y chercher des esclaves, une grande partie des Malgaches se sontrelativement civilises, et ont adopte jusqu’ä un certain point les moeurs europeennes. Un des chefsde l’interieur du pays, Radama, a fonde le royaume desHovas, comprenant presque toutle pays,et l’a laisse ä sa veuve, Ranavala-Manjaka, qui reside ä Tananerive. En rapport autrefois avec lescötes de Zanguebar et de Mozambique , et, parait-il, avec une partie de l’orient, les Malgaches le sontaujourd’hui surtout avec les iles de France et dela Reunion: leur commerce consiste principalementdans des Boeufs, qui se propagent en grand nombre dans leur patrie.
Parmi les tribus principales de Madagascar , nous devons citer surtout les Hovas ou Ovahs, la racedominante actuelle, propre ä l’interieur du pays, qui renferme les Ambanivoules, Antsianakes,Andratrages, Bezonwus , Antacages, et les naturels du pays d’Ancove ou Hovas proprement dits,et faire observer que ces diverses races ont une peau d’une coloration plus claire que celle des autrespeuplades malgaches. Les populations riveraines renferment les Antavares, ä peau noirätre; lesAntamages , qui mächent le betel, comme les Malais; les Betamimenes, peuplades sociales et indus-trieuses; les Antaximes, hordes pillardes; les Betimsaras, Malattes, Antambasses, Antanosses,Taissambas, etc. Enfin on trouve aussi presque partout des populations plus ou moins chetives, etdans lesquelles le sang negre predomine d’une maniere manifeste.
La famille dayak, incompletement connue, comprend des peuplades aborigenes des iles de laSonde, des Moluques, de Borneo, des Celebes, de Sumatra , de l’ile Ombay, etc., peuplades qui ontete rejeteesdans les parties montagneuses du pays par les Malais, qui se sont souvent melangeesavec eux, et qui ont ete surtout etudiees ä Borneo .
Les Dayaks, aussi nommes Dayas, Idaans et Tidouns dans quelques districts de Borneo , ont unegrande stature et une taille toujours plus elevee que celle des Malais, des membres souples et bienproportionnes; un physique agreable et des traits assez delicats; la teinte de leur peau est d’un blancjaunätre assez clair; leurs cheveux sont longs, roides et noirs. Les femmes sont jolies et gracieuses.Les Dayaks se livrent ä l’agriculture ou ä la chasse et exploitent les mines; ils sont industrieux, sur-tout dans la construction des pirogues, qu’ils savent manier avec une grande facilite; ils aiment lenegoce. Ils sont anthropophages, font des sacrifices humains et sont tres-sanguinaires; leur meil-leur titre de noblesse consiste ä avoir autour de leurs demeures descränes d’hommes, mais surtoutde femmes et d’enfants, et des tetes entieres qu’ils savent momifier : aussi se font-ils la guerre devillage ä village, et n’epargnent-ils jamais leurs ennemis. Ik connaissent le tabou et se couvrent lecorps de tatouage, comme la plupart des peuples de l’Oceanie. Ils sont nus, ou se servent seulementd’un etroit maro autour des reins; mais, dans certains cas, ils ont adopte les costumes des peuplesau milieu desquels ils vivent. On les dit patients, intelligents, adroits dans une foule de petits tra-vaux, hospitaliers pour les etrangers, cruels lorsque leur vengeance est excitee. Ils sont superstitieux;adorent un Dieu createur sous le nom de Dewata, reverent les mänes de leurs ancetres, professent