ANTHROPOLOGIE. — TYPE JAUNE. 275
des doigts, se font extraire des denls, etc. De nombreux missionnaires se sont etablis sur plusieurspoints de 1 Oceanie, et ont aroene des conversions au catholicisme. Ils honorent Iss morts, leurconsacrent des autels funebres qu’ils nomment morais, et sacrifient des prisonniers aux funeraillesdes chefs. Beaucoup d’entre eux sont antbropophages, et mangent surtout les cadavres de leursennemis abattus sur le champ de bataille. Lors de Tarrivee des premiers Europeens , ils se sontmontres assez bons et prets ä recevoir les voyageurs d’une maniere hospitaliere: mais nos peuplescivilises ont agi chez eux sans foi et sans lois, et des lors est-il etonnant que, par une reaction na-turelle, ils aient repoussela force par la force, ou qu’ils aient meine attaque les premiers des marinsdebarques en ennemis sur les cötes de leurs iles? Le vol, au reste, est leur penchant le plus naturel,et nous leur avons importe le goüt le plys prononce pour les liqueurs spiritueuses. Leur foi fonda-mentale est le tabou ou l’interdiction sacree. Leurs rois et leurs chefs sont hereditaires, et, ainsique leurs prelres, possedent seuls le pouvoir de faire parier les dieux. Leurlangue, riche en voyelles,est douce et sonore, et admet six dialectes disli.ncts: le hotvaien, le taitien, le mangarevien, lenoukahivien, le tongaien et le nouveau-zelandais. Leurs costumes varient suivant les iles, et neconsistent le plus habituellement qu’ä cacher les Organes de la reproduction: leurs moeurs sonttres-relächees, et la fidelite eonjugale n’est guere reconnue chez eux. Quant k leurs coutumes, äleurs fetes, ä ces danses si remarquables, ä ces eeremonies civiles du kava, etc., si longuement etparfois si emphatiquement decrites par les circumnavigateurs, eiles tendent chaque jour ä dispa-raitre, et le niveau civilisateur fait aujourd’hui des Oceaniens des peuplades ä la fois aborigenes,europeennes, asiatiques et ä demi.sauvages. En outre, les vrais Oceaniens se sont melanges avec lesdeux populations que l'on reconnait dans les iles occidentales de i’ocean Pacifique; avec les Caro-lins et Tagais, ils ont produit les Routoumaiens, ou naturels de Rotuma, de Saint-Augustin et dequelques autres iles voisines; avec les Negres oceaniens, ils ont donne naissance ä des metis aux ilesdes Amis, ä Ticopia, Vitis, aux Nouvelles-Ilebrides, etc. Enfin quelques-unes de leurs villes maritimessont devenues des Comptoirs oü predomine l’element europeen (Voy. pl. XVI, fig. 2).
Nous ne pouvons chercher dans ce resume ä indiquer les diverses particularites que presententles types oceaniens dans les iles innombrables de l’ocean Pacifique, et nous ne parlerons que desplus remarquables.
Les Noukahiviens, c’est-ä-dire les habitants des iles de Noukaliiva, aneiennement appelees ilesMarquises, moins visites jusqu’ä ces dernieres annees par les Europeens que les autres Oceaniens,ont aussi’conserve le type le plus pur et le moins melange de la famille, quoique les Americains,sous la direction du capitaine Porter, se soient pendant quelque temps rendus maitres de l’ileprincipale, et qu’ils aient impose des tributs de cochons et de fruits de la plupart des diverses po-pulalions. Les Noukahiviens, par leur haute stature et la belle prestance des hommes, la richessede la taille des femmes ont certes la preeminence sur les autres tribus oceaniques ä peau jaune.(i Cette race est en effet remarquable, comme le fait remarquer Adolphe Lesson, par la beautedes formes du corps, la symetrie des membres, l’elegance du port et l’assurance de la demarche.Les articulations sont minces et pleines de souplesse. Les plus beaux hommes sont ceux de Taipi äBouhahouga. Les femmes, ont une stature elevee, des cheveux noirs, crepus, uu regard doux, uneexpression mobile et gracieuse. Leurs yeuxsont grands et ombrages de longs cils noirs. Le nez estaquilin. Leur taille, remarquable par la purete de ses formes, est mince, puis largement eväsee aubassin. Les mains sont petites et potelees; les pieds seuls sont larges et deformes. » (Voyez notreAtlas, pl. XXIV, fig. 1, et pl. XXX, fig. 2). La figure en general des naturels ne manque ni d’ex-pression ni de regülarite; la variete de leurs coiffures, parfois si gracieuses chez les femmes; leurstatouages si divers, si compliques, et qui peuvent couvrir presque entierement leurs corps; leursvütements et leurs joyaux leur donnent enfin un aspect curieux et etrange au premier abord : cescostumes, qui consistent souvent en un simple rnaro ou ceinture, ou en des pieces d’etoffe jeteessur les epaules, varient beaucoup; en guerre, les hommes portent des sortes de hausse-cols, desbandeaux, des casques de plumes, et leurs armes ordinaires sont le casse-tete; les femmes ont deriches parures pour la danse et manient un eventail avec l’adresse d’une Espagnole. En resume,les Noukahiviens ont toujours un caractere plus naif, plus sauvage, plus primitif que les habitantsdemi-civilises d’Hawai . Leurs dieux sont les atouas; leurs pretres principaux, qui deviennent atouasapres leur mort et qui sont aussi leurs medeeins, portent le nom de Tabouas, et les aides de ces