ANTHROPOLOGIE. — TYPE BRUN. 281
putapporter aucun changement notable. Elle est au moins eontemporaine de celle des bords duNil ; cependant, quoi qu’on en ait pu dire, eile dm toujours en differer, ainsi que lesprinctpes reli-gieux dont eile parait etre derivee. En effet, les Ilindous n’ont jamais embaume leurs morts, ap-pele le cadavre de leurs princes apres le trepas au tribunal des sages, admis de revelation, non plusque le principe d’un Dieu veritablement unique, puisqu’ils faisaienl le leur triple : de Iä ce respectpour le nombre trois, qui, passe dans l’Occident , y subsiste toujours, et que les pythagoriciens vin-rent puiser chez les Brahmes avee la metempsycose, croyance qui n’est qu’une modiücation de ceprincipe de l’immortalite de l’äme, dont l’espece arabique n’admit le dogme que tres-tard, ainsiqu’on l’a dejä vu. Chez les Ilindous seulement on vit (et l’on voit encore aujourd’hui, quoiquemoins generalement) les veuves se brüler sur le tombeau de leurs epoux. » Les Ilindous professentle bouddhisme et surtout le brahminisme: on connait leurs pratiques superstitieuses et absurdes,leurs extases, ces voeux si contre nature qu’ils executent cependant; on sait qu’ils sont tres-religieuxä leur maniere, et que les pompes du culte sont d’un grandiose que ne peuvent atteindre les föteseatholiques; on a decrit ces temples magnifiquement ornes, ces processions immenses dans les—quelles les plus devots se font ecraser sous les chars lourdement charges, ces pratiques d’un feti—chisme revoltant; enfin on n’ignore pas l’obeissance que les Ilindous montrent pour leurs brahmesou brahmines, et le respect qu’iis ont pour leurs fakirs (Voy. pl. XXVIII). La langue que parlent lesIlindous est le sanskrit, qui a donne naissance aux idiomes thinga, bengali, histoustany et tarnoul,et qui elle-meme decoule du dialecte primitif prukrit ou sarawasti balabani.
Depuis Alexandre, qui s’empara des Indes , les habitants de l’IIindoustan eurent ä subir des mai-tres nombreux, les Arabes , qui y apparurent vers le commencement du huitieme siede de notreere, sous les noms d’Afghans ou de Pataves; les Mongols, qui s’y etablirent ensuite; les Persans,pendant quelque temps; les Portugals, et enfin les Anglais ou plutöt les membres de la Compagnieanglaise des Indes orientales , qui y apparurent des 1601, et qui, aujourd'hui, apres avoir vaincules Rajahpouts, lesMahrattes, les Seyts, et avoir neutralise des peuples voisins, conune les Birmanset les Persans, y regnent en maitres, malgre de formidables revoltes, et sans avoir pour cela puchanger les usages originaires. Quant aux Francais , ils ont plusieurs fois essaye de s’etablir dansles Indes, mais ils n’y possedent plus que leur comptoir peu etendu de Pondichery .
Les races que l’on peut distinguer dans la famille hindoue sont assez nombreuses, et nous indi-querons seulement les principales d’apres le resume qu’en donne Lesson, et que nous reproduisonspresque textuellement. Les Radjepoutes sont grands, vigoureux, et ont le teint blanchalre. Les ha-bitants du Kattiwar ont des cheveux blonds et des yeux bleus, et ceux qui ont ete s’etablir dans lachaine de l’Hymalaya sont, suivant Froser, tres-blancs, et le plus habituellement ils ont des yeuxbleus, la barbe et les cheveux frises, de couleur chätain et meine rousse. Les Indiens de Cachemire ont le teint aussi clair que les Europeens meridionaux. Les Sioh-Palh ou Kajirs du Kaboul sont, audire de Burney, des Ilindous egalement tres-blancs. Mais tout ce qui regarde ces peuples ne semblepas bien demontre ä Lesson, et il se pourrait qu’ils fussent le resultat d’anciens croisements. LesSeiks professent une religion qui leur est particuliere. Les Djats sont mahometans. Les Bengalis,ou les habitants du Bengale , sont doux et timides. Les Mahrattes sont, au contraire, belliqueux. LesCingalais suivent les rits de Bouddha: mais tous les elhnographes ne les regardent pas comme desIlindous purs. Pritchard distingue, en outre, les Tamouls du Bakkan et diverses autres peupladesqu’il suppose avoir colonise dans des temps tres-recules les rivages du Brahma-Poutra, dont ils au-raient suivi le cours en descendant de la haute Asie . Les Cingalais de l'ile de Ceglan, distincts desVaidas, sortes de tribus arrierees plus anciennes de la meine ile, sont beuddbistes et probablementd’origine hindoue, comme semble le montrer la description qu’en donne Davy. Enfin les Malabares ou Tamouls et les Tlingas ne doivent tres-probablement pas etre separes des Ilindous, quoique leurlangage ne soit pas le m£me que le sanskrit et en differe notablement.
On est tres-peu fixe encore aujourd’hui sur les montagnards de Finde septentrionale, nomme’sParbatigas, qui sont peut-etre des Tamouls; ces peuplades constituent les Bhils de la chaine duVindhia, les Coulis du Guzarate, les Tudas des Nilgheries, etc.
La famille gitane ou TsciiiGAHE constitue la seconde et derniere division du rameau hindou. LesGitanos, Zingari ou Ixiganes, plus connus sous le nom de Bohemiens , et qui eritre eux s’appellent