ANTHROPOLOGIE. - TYPE BRUN. 9 §7
chassee par d’implacables ennemis, des terres de la Nouvelle-Guinee par le detroit de Torres. Cessauvages, d ecueil en ecueil, d ile en ile, sont probablemenl parvenus jusquesur les plages ingratesde la Nouvelle-Hollande, de Yan-Diemen, souvent appelee Tasmanie , et de plusieurs des plus oumoins grandes, et lä, prives des fruits nourriciers de leur patrie primitive, ne retrouvant memeplus les arbres et les plantes necessaires pour confectionner les armes et les etoffes que portaientleurs ancetres, astreints pour subsister ä une vie de chasseurs nomades, souffrants, malheureux,soumis aux intemperies desfroides saisons, ils dechurent sans doute, s’abätardirent, descendirentau point oü ils sont restes, c’est-ä-dire au dernier degre de l’echelle des ütres.
Les Australasiens ou Australiens sont en general de taille mediocre, et meme petite, ä ex-tremites greles et disproportionnees avec le reste du corps, et ont souvent le ventre proeminent; laface est aplatie; le nez elargi, ä narines obliques, evasees; la bouche est tres-fendue, et offre degrosses levres: les machoires sont saillantes; les veux sont enfonce’s, assez grands, doux, avec despaupieres ä demi bridees et des arcades soureilieres prononcees; les dents, qui sont belles, ne sontpas franchement droites, et il parait que souvent eiles seraient au nombre de trente-quatre au lieude trente-deux, d’apres Lesson, ce qui nous parait une anomalie curieuse; la coloration de la peauest d’un brun de suie clair, quoique pouvant tirer plus ou moins sur le jaunätre, lecuivre fonce etle noir assez pur; les cheveux sont tantöt longs et lisses, tantöt noirs et crepus, le plus habituelle-ment ebouriffes et frises, mais ils ne sont jamais laineux comme ceux des Negres proprement dits .parfois ils sont coupes, et la chevelure est comme ä la Titus ; la barbe est noire, rüde, touffue etherissee; la moustache epaissie vers le milieu (Yoyez notre pl. XXXVI, fig. 2, et pl. XXXY1I). Dansleur jeunesse, les femmes ne sont pas aussi desagreables que les hommes; leurs formes, souples etlegeres, ont meme une certaine gräce sauvage; mais des leur premier enfant eiles se degradentcompletement, vieillissent de bonne heure, et deviennent les creatures les plus hideuses qu’on puisseimaginer. Ges femmes n’ont guere le bassin plus proeminent que les hommes, et, comme ces der-niers, elles ont les jambes et les cuisses menues; leur gorge, ä peu pres hemispherique, n’a pasdans le jeune äge cette conformation pyriforme qui devient si desagreable chez les Negresses.
Quelques peuplades australasiennes, comme celles de Marrigong, de la bjue de Moreton et de cellcde Jervis, du port de Western, etc., soit par l’influence bienfaisante du elimat, soit par suite d’unonourriture plus abondante, offrent des caracteres plus eleves d’Organisation . Ces peuplades pre-sentent des Hommes remarquables par la puissance energique de leurs membres et par la regula-rile de leur squeletteet de leurs muscles; quelques-uns sont robustes et bien pris, sans cette minceurdes cuisses et des jambes q'u’offrent la plupart des individus de ces races.
D'apres les voyageurs, leur cräne serait assez rond, non deprime sur le vertex, mais les machoires,tres-prolongees anterieurement, y reduiraient l’angle facial ä 75° au plus, et les dents y seraientsensiblement proclives, en haut surtout. D’apres Bory, qui, comme on sait, force toujours les eom-paraisons defavorables ä l’Homme, «le front fuyant en arriere, les ailes du nez fort largement rele-vees, les levres, particulierement celle du haut, hideusement epaissies et proeminentes, formantune sorte de museau, y donnent au visage la plus deplorableressemblanceavec celui des Mandrills,il n’y manque guere que ces rides laterales et les couleurs vives dont la nature sembla se plaire aenlaidir encore ces grands singes; mais, comme si l’Australasien eüt envie ces bizarres attributs, ilemprunte ä i'art les teintes que la nature lui refusa ; il barbouille ses pommettes proeminentes,son front, la pointe de son nez, legerement aquilin, et son menton carre, avec une terre d’un rougede sang. »
Ces peuples sont tres-agiles ä la course; ils grimpent ä la cime des arbres avec une grande sou-plesse et une rapidite singuliere; leur vue est percante, et leur ou'ie fine et subtile. L’huile de pois-sons et de baieine est en grand usage parmi eux : ils s’en oignent le corps, ce qui leur donne ä lalongue une odeur repoussante. Les naturels du littoral trouvent de grandes ressources dans lespoissons et dans les coquilles; mais dans Tinterieur des terres, oü ils etaient jadis peu nombreux,ces ressources venant ä manquer, ils en sont reduits, pour senourrir, aux racines de fougeres, ä cer-tains tubercules, ä divers mammiferes, comme le Kanguroo, ä des oiseaux, ä quelques reptiles, etmeme, assure-t-on, ä des clienilles. Pour preparer leurs aliments ils se contentent le plus souventde les presenter un instant ä la chaleur du feu pour les torrefier d une maniere assez legere, etparfois ils los mangept crus. L’anthropophagie se remarque encore chez les Australasiens, quoique