ANTHROPOLOGIE. — TYPE CU1VRE. 291
rougeätres. La denomination d’ Indiens, que beaucoup de voyageurs leur ont donnee, et que les pos-sesseurs actuels de PAmerique appliquent aux primitifs habitants, leur provient d’un.e erreur geo-graphique des hardis navigateurs qui les preraiers, ont vu le nouveau monde. On sait que c’est äChristophe Colorab que l’on doit la decouverte de PAmerique, quoique, par une ingratitude in-signe, le nom de ce continent ait ete tire de celui d’Americ Yespuce, autre hardi navigateur qui s’yrendit apres lui.
Des opinions tres-diverses, tres-nombreuses et tres-contradictoires ont ete donnees sur les racesamericaines. Aussi, si Ton a ecrit beaucoup sur ces peuples, il n’en est pas moins vrai de dire quece sont encore aujourd’hui neanmoins les moins bien connus de tout le genre humain : ce qui pro-vient de ce que, en meme temps qu’il y a certainement entre eux des indices de ressemblance et derapprochement, il y a aussi une grande diversite physique et linguistique parmi les nomhreusesvarietes du type. « On a beaucoup discute, dit Bory, pour savoir d’oü et quand ces peuples avaicntdu penetrer dans les contrees oü les Europeens les trouverent, et ceux-lä meme qui voulurent re-connaitre en eux des enfants d’Adam, les ont en grande partie extermines. On ne peut comparer äla barbarie avee laquelle on a vu les Europeens , pendant trois siecles, traiter ces pretendus freres,que la cruaute avec laquelle, pour remplacer leur race noyee dans son propre sang, il ont trans-porte sur une terre veuve de ces aborigenes de malheureux Negres arraches ä la leur. »
Piien de bien general ne peut donc etre dit sur les peuples americains, et c’est dans la descrip-tion des races secondaires qu’on pourra les etudier. Tous sont plus ou moins sauvages, retifs ä lacivilisation, variables pour leur tadle et pour les caracteres de leurs ligures (Voy. nos pl. XXXYIl äXL); leurs mceurs sont douces ou farouches, tous sont idolätres, et beaucoup meme encore aujour-d’hui sont anthropophages, au moins dans leurs ceremonies religieuses; enfin, comme nous l’avonsdit, les teintes de leur peau different suivant les races. Ajoutons cependant, avec M. Ilollard, que,«independamment des affinites que l’etude des idiomes americains a permis de saisir entre lespeuples du nouveau continent, et qui semblent rattacher l’Indien du Canada, peut-etre meme PEs-quimau et le Groenlandais, au Patagon de P extreme sud, il serait peut-etre possible de suivre, ätravers la variete si frappante des types septentrionaux et meridionaux, une suite detransitions quiconduiraient, au moins des formes allongees et du visage haut et arque de ITndien peau-rouge,aux faces rondes et etalees des races pampeennes et ando-peruviennes. »
Bory de Saint-Vincent admet dans le type americain au moins cinq grandes divisions princi-pales, qu'il est cependant impossible de caracteriser d’une maniere süffisante pour les distinguer :1° une espece colombique (Homo columbicus) qui, probablement sortie des racines des monts Alle—ghanys et des Apalaches, aurait peuple vers le nord le vaste bassin du fleuve Saint-Laurent , jusquepar le quarante-cinquieme degre, passa des Florides et d’iles en iles dans le midi, occupa les rivesorientales des regions mexicaines, les Antilles , la Terre-Ferme et les Guyanes, depuis le territoire deCumana jusque souslaligne, toujours parallelement aux cotes, d’oü lesrepoussentdejouren jour lesEuropeens, pour les rejeter dans les lerresau delä des grandes montagnes: par consequent les Cana-diens, les nombreuses hordes qui s’effacent peu ä peu dans la republique des Etats-Unis d’Aineri-que, les naturels du Yucatan et de Honduras , les Caraibes, les Galibis, etc., lui appartiendraient;2° une espece americaine (Homo americanus), qui serait nee au pied de ces monts, d’oü s’ecoulent,vers le Nord, la riviere de Para avec ses plus grands affluents, le fleuve des Amazones, et vers le Sudle Rio de la Plata, et occuperait le bassin superieur de l’Orenoque, la totalite de celui des Amazones ,le Bresil, le Paraguay et qui comprendrait les Araucanas des revers du Chili , si differents des habi-tants du rivage; 5” une espece patagone (Homo patagonus), peu nombreuse en individus, sau-vage, qui semblerait etre nouvelle et releguee au-dessous du quarantieme degre sud, sur la rivede Fest dela pointe qui termine,sous un climat dejäfroid, l’Amerique meridionale; 4" une varietepeut-etre oceanique de l’espece neptunienne, qui aurait constitue ces anciens Peruviens et Mexi-cains, si differents de leurs voisins americains, et dont la civilisation etait avancee lors de la decou-verte du nouveau monde; et 5 1 quelques races, comme les Esquimaux de Pespecg iiyperboreenne(Homo hyperborseus), qui habiteraient les regions les plus septentrionales et les plus arides de 1 A-merique du Nord.
Nous ne chercherons pas ä discuter l’opinion de Bory; nous ne rapporterons pas non plu» lesidees des nombreux auteurs qui ont ecrit sur les peuples americains, mais nous profiterons de leurs