ANTHROPOLOGIE. — TYPE NOIR, 301
linge par la grande quantite d’ammoniaque qu’elle renferme. Les ferames sont nubiles ä onze oudouzG ans; et leurs seins, tres-bas places, pendent de tres-bonne heure en forme de poire avec unbout allonge, ce qui leur pennet dedonner ä toter aux enfants par-dessus Tepaule.
L’alliance des races blanches avec le rameau noir donne des metis feconds, ou Mulätres , qrfitiennent du pere et de la mere, peuvent rester intacts en se mariant entre eux, ou revenir ä l’undes types primitifs en ne s’alliantqu’aux races blanches ou negres. Ces Mulätres , et divers autresmetis dans lesquels entre le sang noir, partout injustement reprouves, ne manquent cependant pasde cette beaute et de cette intelligence qui resultent ordinairement du croisement dös races: lesNegres portent envie ä la superiorite qu’ils pretendent s’arroger comme tenant des blancs; ceux-cine veulent pas les reconnaitre, malgre leur origine, comme de meme nature qu’eux, et ils en ontfait leurs esclaves.
Les Negres sont generalement repartis en peuplades ou petites nations gouverne'es despotique-ment par des chefs sanguinaires et guerriers; ils vivent, suivant les pays, de p6che ou de chasse,s’adonnent au negoce, cultivent rarement le sol. Les uns sont errants dans les regions les pluschaudes du centre du continent africain , et tres-anthropophages; d’autres restent plus stationnaires,Les Negres sont polygames, ou plutöt uscnt d’une ou de plusieurs femmes; et celles-ci sont tres-lascives; ils sont peu attaches ä leurs enfants, et souvent on les a vus les vendre aux trafiquantseuropeens. Les sentiments de pudeur et d’humanite leur semblent etre egalement etrangers: ilsvont nus, armes de zagaies ou piques garnies de fer, et ils voient ou font couler le sang sans emo-tion. Vindicalifs, jactancieux, meprisant tont danger et prets ä braver les plus affreuses torturesdans leurs acces de fureur; ils sont cependant timides jusqu’ä la faiblesse lorsqu’ils sont de^ang-froid. Ils aiment la musique, mais une musique sauvage qu’ils font en chantant au son d’instru-rnents imparfaits; ils aiment aussi la danse. Ces peuples ont plusieurs maladies qui leur paraissentpropres, et passent pour ne pas vivre aussi longtemps que les autres Hommes: des quarante ans ilssont decrepits, et, memeä l’etat de liberte, leurs cheveux blanchissent entierement.
Les peuples du rameau noir africain sont tres-difficiles ä classer dans l’etat actuel de nos connais-sances, tant des races elles-memes que de la geographie et de Tetlmographie. Ils sont loiii de pre-senter des caracteres constants, et beaucoup d’entre eux se sont meles aux peuples qui les avoi-sinent: nous avons dejä eu occasion de le faire remarquer en etudiant les Egyptiens que nousavons reunis dans le type blanc, malgre leurs races heteroclites, les Abyssins, places par nousdans le type brun, les Cafres, qui sont reellement un croisement de Negres, avec lesquels beaucoupd’auteurs les laissent, et dont nous avons dejä parle, et certains Australiens, qui nous ont occupesailleurs. Quoique ainsi restreint, et sans möme y comprendre des races qui en sont derivees, commeles habitants de Mozambique (Voy. pl. VIII, fig. 2), quelques-uns de ceux de Madagascar , etc.; cerameau renferme encore, pour nous, quatre familles: trois, les soudanienne, senegambienne etguineenne, admises par Lesson, et une, 1 ’hottentote, qu’il placait dans le type jaune.
La famille soudanienne comprend les Soudaniens, ou habitantfdu Soudan et des contrees si im-parfaitement connues du centre de l’Afrique , au sud des hautes montagnes de la Lune. Ces peuples,que Ton a voulu parfois rapprocher des Abyssins, sont, dit-on, les plus barbares de tous ceux dutype noir; ils ont des cheveux durs, crepus, laineux; portent des bracelets ou des ornements en osdans les lobes de leurs oreilles, et ont des Colliers faits avec les dents de leurs ennemis tues ä laguerre; ils forment des hordes nombreuses, dont les moeurs et les habitudes different peu; leurcaractere sombre et sauvage leur a fait repousser toute communication avec les peuples qui les en-tourent et avec les quelques blancs trafiquants qui ont pu penetrer dans leur patrie. Toutefois cer-tains d’entre eux, comme ceux qui, dans le Soudan , portent les noms particuliers de Negres Bam-barras, de Berghou et du Yarriba, se sont montres plus civilisables et ont embrasse le mahometisme;ils habitent meme des especes de villes, et sont devenus agriculteurs. On trouve aussi une civilisa-tion relative dans les Negres de meme origine qui peuplent dans 1 interieur du continent Tombouc-tou et le Bournou.
La famille senegambienne est formee des Negres d une partie de la cote occidentale de 1 Afrique,et conslitue ces nations populeuses indiquees sous les denominations de Ioloffs, de Mondingues , de