ANTHROPOLOGIE. — TYPE NOIR. 303
des denlsincisives,la brievete et lereculement du men ton, la forme du nezet des levres, l’aspectlai-neux de la cbevelure : Mongols par leurs pommettes saillantes, l’aplatissement de la base du nez etde la partie du front et des arcades sourcilieres qui l’avoisinent, et par leurs petils yeux releves,bridesä l’angle externe et ouverts en fentes etroites. Mais nousdevonsdireque les portraits que l’onen trace sont loin de se ressembler; tantöt ils sont Haltes, tantöt ils degradent l’IIomme presquejuscju’ä la bete, et cela, d’apres les types qui sont tombes sous les yeux des voyageurs. Barrow dit:«Ces Hottentots sont bien proportionne's, bien droits, sans etre musculeux; ayant des jointurespetites et de la delicalesse dans l’ensemble de leurs formes; ä nez tantöt plat, tantöt saillant; ä yeuxd’un chätain fonce, longs et etroits, tres-ecartes l’un del’autre, avec l’angle interne arrondicommechezles Ghinois, auxquels ces peuplesressembleraient d’une maniere frappante.»Iinox affirme queles Hottentots ont le visage des Kalmouks et que leur cräne est tout ä fait taille surle galbe de celuides Esquimaux . Bory deSaint-Vincent, d’aprescertaines observations osteologiques de Lichteinstein,trouve qu’ils etablissent le passage de l’Homme aux Quadrumanes, etqu’ils presentent dejä des ca-racteres propres aux Macaques ; d’apres lui, chez les Hottentots, l’angle facial mesure encore75°; lescheveux sont noirs ou brunätres, courts, laincux, et par petits paquets; les sourcils sont tres-mar-ques, quoique minces et legerement crepus; la face, vue de profil, serait hideuse d’animalite: leslevres, lividement colorees, s’y avanceraient en un veritable grouin contre lequel s’aplatissent et seconfondent presque des narines, qui s’ouvrent longitudinalement; labarbe serait rareä la moustacheet dessous le menton, et jamais on n’en verrait en avant des oreilles, dont la conque serait plutötinclinee d’avant en arriere que d’arriere en avant; le pied prendrait enfin une forme si differentede celle des autres races, et meme des Negres, qu’on reconnaitrait au premier coup d'oeil leur traceimprimeesur le sol, etc. (Voy. notre pl. I.)
Les femmes sont plus hideuses et plus petites que les hommes, malgre le titre de Venus hotten-tote qu’on a decerne ä l’une d’elles, qui a ete vue ä Paris , et que G. Cuvier a decrite avec soin.Chez les Ilottentotes, et principalement chez celles de la race boshismane, la conformation generaleest la meme que dans les autres Varietes humaines; mais ä i’epoque de la nubilite, certains Organesde la reproduclion prennent un grand developpement, pendent assez bas au-dessous du pubis, etconstituent ce que l’on a appele une sorte de tablier; et plus tard, aprös le premier accouchement,les fesses acquierent une enorme grosseur : elles saillent ä angle droit au bas des reins sous formde deux loupes enormes composees de gros paquets d’une graisse diffluente qui s'etend jusqu’au-tour des hanches au-dessous des muscles. En mßme temps les mamelles s’allongent de teile sorteque, comme dans les Negresses et les Hyperboreennes, les Hottentotes peuvent donner ä teter ä l’en-fant, qui est babituellement place sur leur dos. (Voy. notre pl. II.) Mais ces particularites si singu-lieres sont-elles reellement un caractere de race? Ne serait-ce pas simplement un etat de maladieltereditaire?
Les Hottentots se partagent avec les Cafres la pointe meridionale de l’Afrique , mais seulement endehors du tropique; ils en occupent la moitie occidentale oü, sous les noms de Namaquois, deKoranos, de Boshismans-, de Gomaquois, de Honzuanas, etc., ils sont repandus dans le bassin dela riviere d’Orange. Ils peuplaient exclusivement, comme nous l’avons dit, les environs du cap deBonne-Esperance et la cöte sud, avant que les Hollandais qui s’y sont etablis n’en eussent repoussela plus grande partie dans l’interieur des terres.
« Ces peuples, dit Bory, sont, pour leur bonheur, tellement bruts, paresseux et stupides, qu’on arenonce ä les reduire en esclavage. A peine peuvent-ils former un raisonnement, et leur langage,aussi sterile que leurs idees, se reduit ä une sorte de glapissement qui n’a presque plus rien desemblable ä notre voix. D’une malproprete revoltante, qui les rend infects, toujours frotte’s de suif,ou arroses de leur propre urine, se faisant des ornements de boyaux d’animaux, qu’ils laissent sedessecher en bracelets ou en bandelettes sur leur peau buileuse, se remplissant les cheveux degraisse ou de terre, vetus de peaux de betes sans preparation, se nourrissant de racines sauvagesou de panses d’animaux et d’entrailles qu’ils ne lavent meme pas, passant leur vie assoupis ou ac-croupis et fumant; parfois ils errent avec quelques troupeaux, qui leur fournissent du lait. Isoles,taciturnes, fugitifs, se retirant dans les cavernes ou dans les bois, ä peine font-ils usagedu feu, sice n’est pour allumer leur pipe, qu’ils ne quittent point; le foyer domestique leur est ä peu presinconnu, et ils ne se bätissent point de villages ainsi que les Cafres (Voy. pl. VII, fig. 1, et pl. VIII,