ANTHROPOLOGIE. — TYPE NOIR. 305
pines, etc., menent une vie vagabonde et sauvage, restent en familles isolees sans se construire devillages et sans industrie, vivent de fruits et de racines qu’ils trouvent dans les forets, ne profes-sent que le fetichisme, et n’ont pu 4tre ni civilises ni convertis au christianisme par les colons es*pagnols qui habitent aupres d’eux.
Quelques autres familles noires se trouvent encore-dans la Malaisie . L’une d’elles, qui aujour-d’hui a du sang hindou dans les veines, offre des traits delicats et une chevelure lisse. D’autressont les Indios ou Negrillos, vivant nus, armes d’arcs et de fleches, se nourrissant de chasse et defruits sauvages, se trouvant dans les foröts et dans le centre de l’ile de Manille , ainsi que dans EiledePoulo-Pinang, et les insulaires de Eile de Lasso vers l’est, qui offrent le veritable type negre,avec ses grosses levres et un nez aplati. On doit enfin -rapprocher tres-probablement du meme ra-meau : les Negros del Monte de l’interieur de Mindanao ; les Samangs-Ayes des montagnes deFormose, des Celebes, de Sumatra et de Borneo; divers Harafras des iles Moluques ; les habitantsdes montagnes de l’interieur de la presqu’ile de Malaca , que Eon pretend petits, tres-noirs: ä vi-sage livide et ä cheveux laineux; les Honbous des forßts de Palembong, qui sont tres-farouches; lesBadonis de Bantom; et peut-etre aussi les Andamans , de meme race que les naturels des iles deNicobar , petits, maigres, noirs, ä chevelure laineuse, anthropophages, vivant de peche et de chasse,habitant des buttes de feuillages, et souvent esclaves des Birmans.
La troisieme et derniere division du type noir est le rameaü Australien , qui ne eonstitue que lascule FA3ULI.E tasmanienne ou diemenaise, jetee sur les extremes limites des niers oce'aniennes, surdeux iles ; celle nomumee Tasmanie ou plus anciennement terre de Diemen , et Maria, petrteile dudetroit de Bass.
Ces Tasmaniens ou Diemenais conservent la physionomie negre dans toute son exageration, etn’offrent pas d’analogie, si ce n’est peut-etre par la gracilite des membres, avec ces nombreuses po-pulations noires, essentiellement australiennes, que nous avons etudiees ailleurs, et qui viventneanmoins aupres d’eux ä la Nouvelle-Hollande et dans les iles de la mer du Sud. Jadis les seulsmaitres du pays, ils ont du, en Tasmanie, eneeder une partie aux colons et aux convicts anglais , quis’y sont etablis en 1805, et qui, aujourd’hui, le possedent presque completement, et y ont construitde grandes villes, telles que Hobart-Town et Launceston , qui presentent l’aspect de nos cites euro-peennes. Comme ces indigenes ne se sont pas meles ä la civilisation anglaise, ils ont du s’eloignerdes lieux habites, se transporter dans les contrees les plus inaccessibles, et dans peu d’annees lamisere les aura fait disparaitre entierement, car leur nömbre diminue journellement.
La taille de ces peuples est mediocre, babiluellement accompagnee d’une tete volumineuse, de largesepaules, d’un ventregros, et de membres greles et allonges, aussi bien pour les superieurs quepour les inferieurs. Leur peau est d’un brun noir peu intense; mais, comme il parait qu’ils ont 1 ha-bitude de se frotter le corps avec de la poudre de charbon, ils paraissent presque constammentbeaucoup plus noirs qu’ils ne le sont reeilement. Leurs cheveux sont courts, tres-recoquevilles, tres-laineux, presque toujours noirs, et leur barbe est peu fournie. Leur cräne est bombe sur le vertex;leur front assez eleve, quoique deprime; leur nez est aplati, ecrase, ä narines manifeslement trans-versales; leur bouche est tres-ouverte, tres-avancee, ä levres epaisses et d’un rouge vif; les mä-cboires ont le prognatisme de celles des Negres, et leurs yeux sont assez petits. Les Tasmaniens ontbien quelque chose des moeurs et du genre de vie de quelques Australasiens, mais ils en differentneanmoins tres-considerablement et presque dans tous les actes de la vie. Ainsi ils ne font passauter de dents aux adultes; ils ne coupent pas de phalanges aux doigts des jeunes filles; ne tuentpas les nourrissons ä la moft des meres; n’enlevent pas brutalement les femmes; ne connaissent nile tabou ni le kava, etc. Leur langue gutturale differe entierement des idiomes de l’Australasie. Demöme que les Negres africains, ils ne se tatouent pas la peau; mais, cependant, ils se decorent lecorps de tubercules et d’incisions en relief, et se colorent avec de l’ocre les cheveux en jaune et enrouge. Ils ne se bätissent meme pas de cabanes, et chaque famille reunie ne sait, dans le climatrefroidi des hivers, se faire que des abris tres-imparfaits, temporaires, mais se tient aupres de grandsfeux qu’ils semblent beaucoup recbercher. Ils paraissent ne pas avoir de culte, ou, plutöt, leursidees religieuses nous sont inconnues: les morts sont respeetes, et Eon sait qu’ils elevent des huttesconiques, en guisede tombeaux, sur les corps de leurs parents decedes. On a dit qu’ils ne recon-