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§. 1er
Motif du retard apporte jusqu’à ce jour à la conservation du cadastre.
~ ’ai fait connaître clans mon introduction que cette
grande entreprise avait éprouvé, dès son début, des
difficultés et des lenteurs , et cpie trois fois elle fut interrom-pue pour en changer la marche, et par cela même une partiedes instructions données aux différens agens.
Mais je dois dire que de toutes ces interruptions la plusnotable, celle qui prouve jusqu’à l’évidence que le gouver-nement , en sollicitant l’exécution d’un cadastre, avait plutôten vue l’intérêt des propriétaires que les avantages du trésor,est la suspension qui eut lieu en 1820, afin de mettre lesconseils-généraux des départemens à même de se prononcerlibrement sur la continuation ou l’abandon du cadastre.
A cette époque , plus qu’à toute autre, l'intérêt personnel,l’esprit d’opposition , de défiance s’efforcèrent de démontrerl’inutilité de cette entreprise, mais ce fut pour la dernièrefois, car l’amour du bien public, le besoin cl’une répartitionlégale et proportionnelle de l’impôt foncier se manifestèrentgénéralement sur tous les points de la France pour approu-ver, encourager et voter des fonds, afin d’obtenir prompte-ment les seuls moyens que la raison indique pour satisfaireles désirs et les intérêts des contribuables.
Il est facile de concevoir, d’après cet exposé, qu’il était