Dans les relations ordinaires des affaires comme dans celles des peuples, consistantdans l'échange des produits des pays, il est de la plus haute importance qu’il n’yait pas la moindre obscurité dans la signification des mesures qui doivent servirà évaluer les quantités. De même, les recherches scientifiques se rapportant à desgrandeurs et à leur évaluation, exigent une connaissance non moins exacte desunités de mesure. Cependant, il est évident que l’exactitude cpie l’on doit désirern’est pas la même dans les deux cas. En effet, si, dans les rapports journaliers, nossens ou les instruments les plus simples, comme par exemple la balance, n’in-diquent aucune erreur, on atteint le degré de précision nécessaire. Mais il n’en estpas de même pour les déterminations scientifiques. Ici, les sens, renforcés par desmoyens artificiels, comme les microscopes, les leviers sensibles, et combinés avec desprécautions spéciales, comme l’établissement d’une température constante, ne doi-vent indiquer aucune déviation ; ou, s’il s’en présente, ils doivent pouvoir la déter-miner. Si l’on est parvenu à établir un étalon (Urmass, Standard), répondant à cesecond degré d’exactitude, on peut être sûr que les mesures qui dérivent de cet'étalon en présentent le premier.
Il y a un grand avantage à ce que la même unité de mesure soit employée dansune grande circonscription, et qu’elle soit comprise dans une vaste étendue depays. Car, de l’emploi simultané d’un grand nombre de mesures différentes,résulte nécessairement un manque de sécurité dans les relations, dont la mauvaisefoi ne manquera pas de profiter.
Il suffira de citer quelques exemples pour montrer quel imbroglio régnait enSuisse , dans les mesures, au commencement de ce siècle ; ceux qui désirent plus dedétails peuvent consulter l’ouvrage intitulé : « Schioeizer Münz-Mass- und Ge-unchlskunde. Heldmann. 1811. »
Dans le canton d'Argovie , on employait des mesures de Berne , de Zurich et deVienne; bien plus, les localités suivantes avaient leurs aunes particulières : Aarau ,Aarbourg , Zofingen , Brugg , Bremgarten , Lenzbourg , Mûri, Zurzach et Laufenbourg;
Conférence publique faite au Bernonillianum, à Bâle , le 9 novembre 187(1, par le professeurIV Fritz Burrkbnrdt. Traduction du manuscrit allemand , par II. Sottaz, prof.