Quoique le mètre, pris en lui-même, n’ait ainsi que le mérite douteux de n'ê-tre qu’une mesure nouvelle à ajouter aux innombrables mesures antérieures, laforce irrésistible avec laquelle il s’est imposé peu à peu à la plupart des pays,doit être attribuée à deux avantages indiscutables. D’abord, il faut considérer lagrande clarté qui règne dans la disposition d’ensemble des unités de mesures, qua-lité que l’on ne trouve dans nul autre système; puis il faut ajouter l’avantagenon moins précieux que présente la division décimale. Cette division permet defaire tous les calculs sur les mesures en se basant sur les lois des nombres déci-maux., qui correspondent au seul système de numération adopté dans la pratique.
Les vastes opérations géodésiques exécutées depuis un grand nombre d’annéesen Europe pour la mensuration d’un degré, opérations qui sont dirigées avec laplus grande sommé d’exactitude et d’habileté possibles, et dans lesquelles on aemployé toutes les ressources de'la science et de l’art, ont démontré la nécessitéd’obtenir un plus grand nombre de règles métriques, présentant la même précisionque le prototype du mètre.
D’un autre côté, le mètre déposé aux archives n’offrant plus la sécurité que l’ondoit exiger, une commission internationale s’occupe actuellement delà fixationde 40 règles métriques qui seront bientôt confiées aux archives des différents pays.
.Te me propose, après rétablissement de ces nouvelles mesures normales, depasser en revue la marche suivie pour leur fixation.
Qu’il me soit permis de terminer cette étude par la citation d’un passage del’Exposition du système du monde de l’illustre Laplace : « On ne peut voir lenombre prodigieux de mesures en usage, non seulement chez les différents peuples,mais dans la même nation; leurs divisions bizarres et incommodes pour les calculs ;la difficulté de les connaître et de les comparer; enfin, l’embarras et les fraudes quien résultent dans le commerce ; sans regarder comme l’un des plus grands servicesque les sciences et les gouvernements puissent rendre à l’humanité, l’adoptiond’un système de mesures, dont les divisions uniformes se prêtent le plus facilementau calcul, et qui dérive de la manière la moins arbitraire d’une mesure fonda-mentale indiquée par la nature elle-même. »
« Un peuple qui se donnerait un semblable système de mesures, réunirait à l’a-vantage d’en recueillir les premiers fruits, celui de voir son exemple suivi par lesautres peuples dont il deviendroit ainsi le bienfaiteur ; car l’empire lent et irrésis-tible de la raison l’emporte à la longue sur les jalousies nationales et sur tous lesobstacles qui s’opposent au bien d’une utilité généralement sentie. »
Prof. D r Fritz Burckhardt.