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est soumis Tétât de ses finances. Chaque année cet état'estprésenté au Parlement, on Timprime ensuite ; & tous lespréteurs, connoissant ainsi régulièrement, la proportion qu'onmaintient entre les revenus & les dépenses, ils ne sontpoint troublés, par ces soupçons & ces craintes chimériques,compagnes inséparables de Tobseurité.
En France, on a fait constamment un mystère de F étatdes Finances ; ou si quelquefois on en a parle, c'est dansdes préambules d’Edits, & toujours au moment où l’onvouloit emprunter ; mais ces paroles, trop souvent les mêmespour être toujours vraies, ont dû nécessairement perdre deleur autorité , Sc les hommes d’expérience n’y croient plus,„ que sous la caution, pour ainsi dire, du caractère moral duMinistre des Finances. II est important, de fonder la confiancefur des bases plus solides. Je conviens que dans quelquescirconstances, on a pu profiter du voile répandu sor la situationdes Finances, pour obtenir, au milieu du désordre, un créditmédiocre qui n’étoit pas mérité; mais cet avantage passager,en entretenant une illusion trompeuse, & en favorisent l’in-différence de FAdminislration , n’a pas tardé d’être soivi pardes opérations malheureuses, dont l'impression dure encore,Sc sera longue à guérir. Ce n’est donc qu'au premier momentoù un grand État se dérange, que la lumière répandue sorla situation de ses Finances, devient embarrassante ; mais sicette publicité même eût prévenu le désordre, quel servicen’eût-elle pas rendu !
Le Souverain d’un royaume tel que la France, peuttoujours, quand il le veut, maintenir la balance entre sesdépenses Sc ses revenus ordinaires ; la diminution des unes,
toujours secondée par le vœu public, est entre ses mains :
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