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& lorsque ïes circonstances l’exigent, l’augmentation desimpôts est soumise à sa puissance ; mais la plus dangereuse ,comme la plus injuste des ressources, c'est de chercher dansune confiance aveugle quelques secours passagers, & de-faire des Emprunts fans en avoir assuré Tintérêt, ou par desaugmentations de revenus, ou par des économies.
Une telle Administration, qui séduit parce qu’elle éloigneíe moment des embarras, ne fait qu’accroître le mal &creuser plus avant le précipice ; tandis qu’une autre conduite& plus simple & plus franche , multiplieroit les moyensdu Souverain , & le défendroit à jamais de toute espèced’injustice.
C’est donc une grande vue d’Administratíon de la partde Votre Majesté, que d’avoir permis qu’on rendît uncompte public de Tétât de ses Finances ; & je defire, pourle bonheur du Royaume & pour sà puissance, que cetteheureuse institution ne soit point passagère : Eh, que craindreen effet d'un pareil compte, fi pour qu’il soit le fondement& Tappui du crédit, il ne saut autre chose, que ce qu’exi-geroient d’un Souverain les règles les plus simples de lamorale, c’est-à-dire, proportionner les dépenses aux re-venus, & assurer un gage aux Prêteurs, toutes les fois quedans les besoins de T Etat on a recours à leur confiance !
Je diviserai le compte que Votre Majesté m’a permisde lui rendre, en trois parties.
La première concernera i’état actuel de ses Finances, &toutes les opérations qui font relatives au Trésor royal &au Crédit public.