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manière, lui être indifférente ; mais la guerre contraignantà chercher des secours extraordinaires, il faut trouver descapitaux pour y suffire ; & comme les circonstances fontimpérieuses, si le Crédit manque, les embarras naissent, unepremière opération forcée en entraîne d’autres, les besoinsdu moment luttent contre la justice du Souverain, T Admi-nistration se trouble , & les effets du discrédit, peuventquelquefois ressembler momentanément, au désordre & à la-subversion entière des Finances.
Mais si le maintien du Crédit est intéressant pour lescréanciers de l’Etat, s’il Importe à la puistance du Souverain,il est également précieux aux Contribuables, puisque c’estpar le crédit qu’ils sont préservés de ces tributs au-dessusde leurs forces, que la nécessité commanderoit, peut-ctre,& malheureusement au milieu des circonstances où lespeuples ont le plus besoin de ménagement, puisque déjàla guerre elle-même est une sorte d’impôt, par la stagnationdu Commerce & le ralentissement du débit des productionsnationales.
Sans doute, le Royaume de Votre Majesté est detous ceux de l’Europe, celui qui réunit le plus de facultéspour subvenir à ces Impôts extraordinaires & passagers;mais malgré cette supériorité, ce n'est - là qu'une foibleressource à côté de celles que peuvent présenter le crédit& la confiance, quand ces moyens subsistent dans'leur vigueur..
d'observerai même que lorsque F état des Finances est unobjet d’obscurité profonde, & qu’il faut pourvoir à Centcinquante millions de dépenses extraordinaires, ce n’est pas,je crois, une chose bien vue, que d’établir Vingt ou Trente