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- Quoi qu'il en soit, ce nouveau genre de rivalité, cenouveau moyen de domination une sois introduits , ilimporte à la puissance d’un Souverain de l’obtenir & dele ménager, ainsi qu’il est obligé d'entretenir de grandesArmées disciplinées quand les Voisins qui l'entourent.déploient pareillement leurs forces militaires.
Ayant donc senti toute l’importance du Crédit en France,il étoit du devoir de ma place d’y donner la plus grandeattention. Je n’ai pu méconnoître qu’on avoit lait depuisla dernière paix, tout ce qu’il fàlloit pour détruire la con-stance ; tandis que dans ce long espace de tranquillité, H eutété si facile de faire oublier les opérations fâcheuses de ladernière guerre, & d’établir un ordre & une régularité dansles Finances, qui eussent ménagé à Votre Majesté desmoyens de puissance extraordinaire ; mais ce temps favo-rable a été perdu , & les dépenses ayant constammentexcedé le montant des revenus, il a fallu y suppléer par desEmprunts & des circulations immodérées, dont le poids astni par entraîner toutes les suspensions de payemens, &toutes les réductions d’Intérêts arrivées en 1771 ; aussi leCrédit s’en étoit tellement ressenti, que lorsque je suis entréen place, les Capitalistes pouvoient placer leur argent à unintérêt de Six & deux tiers pour cent en Rentes perpétuelles,vu que les Contrats fur l’Hôtel-de-ville, portant Quatrepour cent d’intérêt, ne valoient que Soixante ; & c'est àcette même époque que la guerre ou ses préparatifs ont.commencé.
Quelle différence entre cet état du Crédit, & le prix desfonds publics au commencement de la précédente guerre !L’on avoit peine alors à trouver des placemens à Quatre
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