Buch 
Compte rendu au Roi / par M. Necker
Seite
17
JPEG-Download
 

17

- Quoi qu'il en soit, ce nouveau genre de rivalité, cenouveau moyen de domination une sois introduits , ilimporte à la puissance dun Souverain de lobtenir & dele ménager, ainsi quil est obligé d'entretenir de grandesArmées disciplinées quand les Voisins qui l'entourent.déploient pareillement leurs forces militaires.

Ayant donc senti toute limportance du Crédit en France,il étoit du devoir de ma place dy donner la plus grandeattention. Je nai pu méconnoître quon avoit lait depuisla dernière paix, tout ce quil fàlloit pour détruire la con-stance ; tandis que dans ce long espace de tranquillité, H eutété si facile de faire oublier les opérations fâcheuses de ladernière guerre, & détablir un ordre & une régularité dansles Finances, qui eussent ménagé à Votre Majesté desmoyens de puissance extraordinaire ; mais ce temps favo-rable a été perdu , & les dépenses ayant constammentexcedé le montant des revenus, il a fallu y suppléer par desEmprunts & des circulations immodérées, dont le poids astni par entraîner toutes les suspensions de payemens, &toutes les réductions dIntérêts arrivées en 1771 ; aussi leCrédit sen étoit tellement ressenti, que lorsque je suis entréen place, les Capitalistes pouvoient placer leur argent à unintérêt de Six & deux tiers pour cent en Rentes perpétuelles,vu que les Contrats fur lHôtel-de-ville, portant Quatrepour cent dintérêt, ne valoient que Soixante ; & c'est àcette même époque que la guerre ou ses préparatifs ont.commencé.

Quelle différence entre cet état du Crédit, & le prix desfonds publics au commencement de la précédente guerre !Lon avoit peine alors à trouver des placemens à Quatre

C