mais ils ont espéré, d’après Pexemple d’uné ancienne Caissed’Escompte, établie à la Compagnie des Indes, que par simplecommodité, l'on prendroit souvent des Billets de leur caisseau lieu d’argent, pourvu qu'on fût certain d’en recevoir lepayement au moment où on l’exigeroit; & comme les prin-cipaux Banquiers de Paris & quelques Financiers font à htête de cet établissement, ils ont pu donner à ces mêmesBillets un peu plus d’étendue, en convenant entr’eux deles admettre fans difficulté dans les payemens respectifsqu’ils auroient à fe faire ; & à leur imitation, il s’est intro-duit volontairement dans la circulation, jufqu'à la concur-rence, à peu-près, de Douze millions de Billets de caisse.Cette somme jointe aux Douze millions de fonds effectiffournis par les Actionnaires, a doublé le capital applicableà des Escomptes, & les produits répartis entre les Action-naires, leur ont procuré un intérêt d’environ Six pour centpar an fur le premier fonds capital qu’ils ont fourni.
Voilà donc en quoi consiste le bénéfice des Actionnaires,& ce bénéfice doit varier selon que les Escomptes fe suiventrapidement, qu’on évite des pertes, ou qu’il y a plus oumoins de Billets de caisse en circulation. Quant au Gou-vernement , il doit voir avec plaisir que Pintérêt des Lettresde change ait pu sc maintenir à Quatre pour cent en pleineguerre, puisque c/est un avantage pour le Commerce, &une facilité de plus pour contenir Pintérêt des Papiers deFinance fur un pied modéré.
Enfin, si l'on ne peut disconvenir que Pargent que l’onpromène tous les jours dans les rues de Paris, de Caisseen Caisse, ne soit un fonds absolument mort & stérile, c'estle tirer d’inaction que de suppléer en partie à ces viremens