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Compte rendu au Roi / par M. Necker
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Réduéìion des projîts de la Finance.

Depuis long-temps on n’avoit cessé de dire que lesFinanciers étoient trop multipliés , que leurs bénéficesétoient trop grands. Je ne fais comment ils avoient toujourstriomphé de ces critiques. Tantôt on avoit détourné sonattention de cette vérité, tantôt on avoit respecté l’abuspar des considérations particulières, & quelquefois aussi desMinistres, après s’être occupés sérieusement de cet im-portant objet, avoient été rebutés par les difficultés. Quoiqu’il en soit, ce plan infiniment intéressant, je l’ai conçu,j'en ai suivi l’exécution sans relâche, & je crois savoir portéà peu-près à se perfection. En même temps cela s’est faitau milieu de la guerre, temps fortuné, jusques à présent,pour les gens de Finance. On avoit toujours dit que c’étoitun intervalle qu’il falioit franchir sens aucun mouvement; &comme en temps de paix, on disoit aussi qu’il falioit mé-nager les Financiers pour retrouver leur crédit pendant laguerre, les réformes ne s’étoient jamais faites, & ces idéesn’avoient guère servi qu’à exercer l’éloquence des Auteurs& des Écrivains.

J'ai envisagé cette affaire sous un point de vue différent;j’ai senti que le Crédit ne tenoit point aux Financiers, maisà la nécessité où sont les Prêteurs de placer leur argentd’une certaine manière; & qu’à l'égard des fonds appar-tenans à ces Financiers eux-mêmes, c’étoit une craintechimérique que de croire à leur découragement, & mêmeà leur humeur ; parce que dans la disposition de leur argent,ils sont semblables à tous les hommes, qui ne prêtent ni paraffection ni par reconnoissance, mais seulement d’après leurfureté & leur convenance. J’ai donc pensé que l'essentiel