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Compte rendu au Roi / par M. Necker
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qu’ils répondent, fur leur fortune, d’évènemens hors deleur atteinte & de leur influence.

C’est par des motifs pareils & pour épargner le prixdispendieux d’une garantie, que j'ai proposé à VotreMajesté de ne pas donner à ferme les droits d’Aides,dont les produits sont soumis à de grands écarts, mais deréunir leur perception à d’autres de même genre, confiéesà la Régie générale.

La caution des particuliers, dans les affaires publiques,ne s’étend jamais aux grands évènemens qui meuroient leurfortune en péril ; & dès-Iors les autres hasards dans le produitdes droits ne font jamais assez étendus, pour qu'il puisseconvenir au Souverain de faire des sacrifices importans, dansla vue de convertir des probabilités en certitudes ; mais ledéfaut de prévoyance resserre toutes les combinaisons, &quelque considérables que soient les Finances confiées à unAdministrateur, s’il ne fixe son attention. s’il ne porte soninquiétude que sor le mois ou sor la semaine, ce n'est jamaisà ses yeux quson petit objet qu’il gouverne, & toutes lesdispositions qu’il adopte sc ressentent de cet e/prit. On neseuroit d’ailleurs se faire une idée de tous les préjudices qu’acausés sens cesse le manque d’une certaine aisence au Trésorroyal, & il est incroyable qu’on n’ait pas aperçu combienil étoit facile de l’établir en temps de paix, puisque juíquesà présent j’ai pu ménager cette aisence au milieu de la guerre;c’est par ce moyen, que je n’ai pas été obligé encore, defaire le moindre secrifice à des pénuries momentanées ;tandis qu’il est connu qu'autrefois, faute d’avoir pris desmesures larges & anticipées, on étoit sens cesse dominé par

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