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à la saveur de la paix, d’une partie des charges qu’ilssupportent. Mais quelle différence aux yeux de la multitude !La garantie d’un mal est une idée fugitive qui lui échappe ;ce ne font que les changemens de position qui la frappent.
Quelle différence auífi pour le repos de f Administrateur !car eût-on pu blâmer la sévérité de íès principes, eût-onosé élever ft souvent la voix contre tant de réformes, fi àl’époque de chacune, Votre Majesté eût supprimé oudiminué une imposition, ou qu’Elle eût ordonné de nou-veaux Etabliífemens utiles à son Royaume î mais je détournemes regards de ce tableau, il ne fera que trop présent àmes regrets ; je ne veux pas (bailleurs affliger le cœur juste& sensible de Votre Majesté, en lui retraçant toutesles jouissances qu’Elle a perdues , & je dois plutôt fixer sonattention fur le bien qu’Elle a tâché de faire, & fur le vastechamp qui reste encore ouvert à ses espérances.
Comité contentieux.
Une des premières dispositions que j’ai proposées àVotre M A j ESTÉ, est devenue un véritable bienfait enversvos sujets ; c’est l’institution d’un Comité de Magistrats, pourexaminer cette multitude d’affaires contentieuses qui étoientci-devant soumises à la feule décision d’un Contrôleur gé-néral. On ne peut être instruit de l’étendue des occupations,qui accablent un Ministre des Finances, fans reconnoître dela manière la plus sensible, que son temps & íà vie peuventk peine suffire au coup-d’œil qu’exigent les seules affairesd’ Administration. Cette place est devenue infiniment plusconsidérable qu’elle n’étoit autrefois, parce que les impôts