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fous quelques Ministres, tle grands changemens faits enFrance; mais si l'on y prend garde, ces changemens toutes,les fois qu’ils contrarioient les intérêts particuliers, tenoientipresque toujours à une idée simple, telle que l'autorité, lareligion, le désordre absolu des Finances; & cette idée simple,,une fois conçue par le Souverain, il devoit prêter son appui:pour vaincre les obstacles. Mais la modification des Impôts,,leur répartition , tous les biens d’Administration enfin,,quelque importans qu’ils soient, ne tiennent presque jamaisà une idée simple; ils sont au contraire le plus souvent com-posés d’une infinité de rapports qui prêtent à la discussion,& il est presque impossible à un Ministre des Finances d'êtreassez sûr de la confiance implicite de son Maître, pour espérerde balancer fans cesse par le raisonnement, J’efset des récla-mations qui s’élèvent à la première introduction des nou-veautés d’Administration : & il devient difficile de défendrelong - temps une idée abstraite contre des clameurs, &d’attaoher obstinément l’autorité à fa défense.
Je ne trace ici qu’en abrégé les diísérens motifs qui m’ontengagé à proposer à Votre Majesté l’idée d’ëtablirdes Administrations provinciales ; je les ai développés davan-tage dans un Mémoire que j’ai mis dans le temps sous lesyeux de Votre Majesté. J 'ai cru néanmoins qu’iîétoit de la sagesse dé Votre Majesté, d’aller à paslents dans ces établissemens, afin d’ajouter aux raisonnemens.lés lumières de l'expérience.
11 y a fans doute des inconvéniens à toutes les Institu-tions ; les hommes rassemblés pour une Administrationpublique, & fous le regard même d’une Province, ne se