STATION GEODESIQIJli AD CANIGOD.
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quart du méridien terrestre. Bessel, qui jeta tant d’éclat sur l’obser-vatoire de Kœnigsberg , a soumis cette question à un examen ap-profondi; il conclut judicieusement que de nouvelles mesures mo-difieront incessamment nos connaissances sur les dimensions et lafigure de la terre, et par conséquent sur la valeur absolue du mètreconsidéré comme étant la dix millionième partie de la distance dupôle à l’équateur; mais il suffit que l’on connaisse les élémens quiont servi à l’établir, et qu’on ait conservé l’étalon déposé aux ar-chives de Paris . En adoptant tout récemment ce mètre comme éta-lon international des poids et mesures, les savans délégués de pres-que toutes les nations civilisées de l’Europe et de l’Amérique , réunisil y a un mois à Paris , ont donné une sanction décisive et solennelleà l’œuvre de la commission d’académiciens français nommés par laconstituante en 1791.
L’exécution de la carte de France par Gassini avait nécessité lamesure de diverses chaînes trigonométriques perpendiculaires à laméridienne. Ces travaux durent être repris et multipliés pour l’éta-blissement de la carte dite de l’état-major, dont l’exécution avaitété décrétée par Louis XYI1I le 6 août 1817. Ce fut l’œuvre du corpsdes ingénieurs géographes; c’est à eux que revient l’honneur d’a-voir terminé la triangulation de notre pays, et jeté les fondemensde la nouvelle carte de France . Malgré des imperfections révéléespar les rapides progrès de la science depuis le commencement dusiècle, cette carte n’en est pas moins un monument dont les étran-gers savent apprécier la valeur; mais la fusion du corps des ingé-nieurs géographes avec le corps cî’état-major de l’armée, accomplieen 1831 pour satisfaire à de fausses idées d’égalité militaire, portaun coup mortel à la géodésie en rejetant dans l’armée active presquetous les officiers de cette arme naturellement plus préoccupés de leuravancement que de celui des sciences géographiques. A partir de cemoment, la grande géodésie entre en France dans une période dedéclin. On se borne à l’achèvement de la partie topographique desfeuilles de la carte de France non encore publiées. En Algérie seu-lement, le gouvernement subit la nécessité de faire exécuter unecarte indispensable au succès des opérations militaires. L’œuvre,interrompue par la guerre de Crimée , est reprise et poursuivie en1859 par deux brigades d’officiers dirigés par les capitaines Versi-gny et Perrier. Les autres peuples pendant ce temps étaient entrésen scène, et continuaient les grands travaux des académiciens fran çais . Les Russes déterminaient astronomiquement en 1852 à Ilam-merfest, dans la Laponie norvégienne, la position géographiquede l’extrémité d’un arc qui s’étend de cette ville jusqu’au Danube sur une longueur de 25 degrés. La triangulation commencée par