CHAP. I. Description du Tour en l'air.sur l’arbre. Cette clef, ainsi que les six autres, dont on voit la forme, fig. l\ ? :a la faculté de se mouvoir, de bas en haut, dans sa mortaise, qui est beau-coup plus haute qu’il ne faut, afin de pouvoir toucher à l’arbre quand onl’élève, et de n’y plus toucher quand on l’abaisse; et pour pouvoir leurprocurer ce mouvement, toutes ces clefs sont percées en n, vers la facepostérieure de la poupée, et enfilées d’une broche qui passe dans toute lalongueur de cette même poupée. On conçoit que, lorsque l’arbre est entreses coussinets, il peut tourner rond sur lui-même, et avancer et reculer.Si l’on force la clef de cuivre à prendre dans la rainure qui est à l'arbre,cet arbre ne pourra plus tourner que rond; si, au contraire, on abaissecette clef, et qu’on élève une des six autres, elle pressera sur les filets dela vis à laquelle elle correspond; et comme elle est immobile, elle forceral’arbre à avancer et reculer en tournant sur lui-même, suivant le rampantde cette vis ; et l’on conçoit qu’une pointe, un crayon , fixés sur un supportquelconque, vis-à-vis de la pièce, décrira sur sa circonférence une hélicesemblable à la vis qui a déterminé la course de l'arbre.
L'arbre étant destiné à rouler entre les coussinets sur lesquels il doitavancer et reculer à volonté, on conçoit de quelle importance il estque les collets soient parfaitement ronds et cylindriques. Il est d’une égaleimportance que toutes les vis soient parfaitement concentriques aux collets,et surtout la vis du nez de l’arbre ; c’est par ce mouvement de l’arbrequ’on parvient à exécuter ce qu’il y a de plus curieux et de plus intéres-sant sur le Tour, tels que guillocliage, rampant, torse, profils, etc. Nousdonnerons dans la suite les moyens de s’assurer du plus ou moins de per-fection d’un arbre de Tour en l’air.
Comme on a souvent besoin d’ôter l’arbre d’entre ses coussinets, et quenéanmoins il doit y être tenu solidement et sans ballottage, au moyen desbrides et des vis de pression, on a d’abord imaginé de faire ces brides àcharnière a } a^fig. 3, et de mettre à la charnière de devant une goupillemobile à volonté et à tète, afin de pouvoir l’ôter quand on veut, et retirerles coussinets et l’arbre. Mais comme il est difficile et coûteux de se procurerdes charnières parfaitement faites, on se sert plus ordinairement de la bridetout d’un morceau et sans charnière , qu’on fixe sur la poupée, au moyend’un long boulon à tête plate, qui passe dans la queue de devant, tra-verse l’épaisseur de la poupée, et va se visser dans la queue opposée dela bride.
Quant à la vis de pression f, sa forme a beaucoup varié. D’abord on n’amis que des vis à tète plate. Puis on y a substitué la forme de vase, dont
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