*84 MANUEL DU TOURNEUR.
On se pourvoira d’un anneau de fer ou de cuivre, dont la face intérieureait un peu d’entrée d’un côté, et qui entre juste sur le petit bout.
Il est clair que si l’on a une pièce très-mince à tourner, et qu’on craigned’en gâter la surface , ou de la casser en l’enfonçant, on pourra, avec unoutil de côté , mettre le trou du mandrin fendu , bien rond et bien droit,à la grosseur convenable, et y placer la pièce sans qu’elle éprouve de frotte-ment ; puis mettant l’anneau , et l’enfonçant un peu , la pièce se trouverasaisie solidement, puisque chacune des quatre parties a la faculté de s’ap-procher du centre par l’effort intérieur de l’anneau.
Il y a des personnes qui serrent ce mandrin d’une manière plus com-mode et plus sûre en apparence, mais en effet sujette à des inconvéniensque n’a pas l’autre : elles font fondre un anneau de cuivre, aux deux pôlesduquel sont deux petits boutons ou tenons, qui servent à le faire tourner.On pratique dans l’intérieur de cet anneau des pas de vis pour en faire unécrou conique. On forme sur le mandrin des pas de la même vis, et onle serre insensiblement en tournant l’anneau à mesure qu’on en a besoin.
Cette méthode paroît avoir plusieurs avantages sur la précédente : i°. elleserre la pièce plus doucement ; *°. elle la serre également, c’est-à-diretoujours concentriquement; au lieu que de l’autre manière on ne peutserrer que par endroits, et qu’on n’est jamais sûr que le mandrin negauchit pas. Cette raison n’est vraie qu’en apparence : dans la pratique l’an-neau à vis ne vaut pas l’autre. On ne sauroit croire que, quoique le man-drin soit percé bien au centre et bien droit, il est rare que la pièce soitau centre : si l’on serre avec l’anneau à vis, rien ne pourra la remettre aucentre; au lieu qu’avec l’anneau simple, on a la faculté, avec un légercoup de maillet, qui le dérange d’un ou d’autre côté , de la remettre biendroit.
11 est tout aussi ennuyeux de faire des mandrins que des manches ;mais lorsque nous avons recommandé de faire des manches, nous avionspour but d’habituer l’Amateur à bien couper le bois : maintenant qu’ondoit l’avoir acquis, ce n’est plus que pour son besoin personnel que nousl'engageons à se procurer un grand nombre de mandrins : mais commeon ne peut se dispenser d’en avoir beaucoup, il sera nécessaire de s’enfournir comme on le jugera à propos.
Quant aux mandrins fendus, cela ne paroît guère possible, attenduqu’ils doivent avoir été faits sur le Tour même auquel ils doivent servir.Et à ce sujet, voici une observation essentielle. S’ils étoient tous dediamètres extérieurs différens, il faudroit autant d’anneaux que de man-