3 9 4 MANUEL DU TOURNEUR,
au premier par (leux forts tourillons, n’avoit la faculté (le se hausser et sabaisser sur sa longueur que par le bout voisin du mur : ainsi ces deuxpièces formoient un angle qui pouvoit s’augmenter à volonté, suivant l’é-cartement qu’on lui donnoit en élevant le châssis de dessus. Sur ce châs-sis étoient de forts et bons coussinets, retenus en place, au moyen d'uneboîte fixée sur le châssis, plus vers le bout qui s’élève, que vers celui quine Fait que charnière. Sur ces coussinets étoit l’arbre qui portoit les roues ;l’une de volée et l’autre qui mène le Tour. La roue de volée, étoit d’unassez grand diamètre, comme de trois pieds : la circonférence, forméepar une réunion des courbes que les charrons nomment Jantes , étoit très-massive, pour donner plus de pesanteur, et la roue passoit entre les brasdes deux châssis, qui sembloient n’en faire qu’un , attendu que celui dede dessus reposoit sur l’autre. Par ce moyen, l’arbre, tournant sur ses deuxextrémités, fatiguoit beaucoup moins. Au bout de l’arbre, à gauche, étoitune forte manivelle à carré, retenue par un fort écrou, qui menoit toutecette machine.
On sent qu’au moyen d’une corde sans fin, qui passe sur la poulie duTour, en se croisant, on communique à l’arbre du Tour un mouvementcontinu. On peut facilement augmenter la tension de cette corde en élevantle châssis supérieur , suivant le besoin ; ce qu’on obtient très-aisément, enmettant au bout de chaque traverse du bâti dormant une vis en bois, quiprocure aux deux côtés de l’angle, formés par les deux châssis, l’écartementnécessaire pour tendre la corde. A la manivelle est une corde qui répondà la marche du Tour; ainsi on obtient, avec une très-grande force, unmouvement doux, et on ne sent ni sur l’établi, ni sur l’ouvrage, aucuneimpression du mouvement de la roue. Cette mécanique, très-simple enelle-même , menoit un très-fort Tour en l’air, et l’on y adaptoit un très-fortovale, sur lequel nous avons tourné un plateau d’acajou de 18 pouces delong sur ii à 12 de largeur, et de deux pouces d’épaisseur, aussi facile-ment qu’on tourne sur un Tour ordinaire une dame de damier.
Cette manière de placer la roue, toute bonne qu’elle est, ne convientguère qu’à un ouvrier, ou à un Amateur qui s’occuperoit de quelquestravaux en grand. Il est rare qu’on puisse et qu’on veuille faire de pareilsscellemens dans un mur : d'ailleurs le Tour, une fois placé en cet endroit,ne peut plus être transporté ailleurs : ce n’est pas à nous à donner desconseils , nous devons rapporter les différentes méthodes ; c’est à l’Amateurà choisir celle qui lui convient le plus.