4«8 MANUEL DU TOURNEUR.
— -■ ' parfaitement réussi. Nous avons pris une petite lame d’acier, d’épaisseurconvenable à l’usage auquel nous la destinions , et de trois lignes de largeou environ. Nous l’avons bien dressée sur ses deux épaisseurs. Puis ayantcourbé à double courbure, un autre morceau d’acier, fig. (i, nous l’avonssoudé à la soudure forte, comme on le voit, ce qui nous a donné le moyende pratiquer une denture très-fine sur le champ, pour faire des ravalemensou feuillures. Nous avons même remarqué qu’en inclinant un peu lesdents à la longueur de l’outil, ces dents se présentoient au bois moins àface, et le coupoient de façon à produire de petits copeaux frisés, ce quidonne une feuillure très-unie; au lieu qu’en le prenant de face, le boissemble plus bourré, et ne devient pas aussi uni; mais malgré cet avan-tage , il faut savoir prendre le bois et conduire l’outil, et surtout prendrebien garde qu’il n’écliappe, et n’aille heurter et marquer une moulurevoisine qui seroit déjà terminée. Il y a encore une observation à faire; c’estde denter l’outil de façon que le copeau sorte de dessus la pièce au lieud’y rentrer; et pour cela il sera bon d’en avoir d’inclinés à droite et àgauche. Enfin, il faut que la denture soit bien égale, et surtout biendressée, afin que toutes les dents prennent à la fois; et par conséquentbeaucoup moins, et plus également que si sur la longueur, 3 ou 4 excé-dantes entamoient seules la matière. Par une suite nécessaire, il faut queces dents soient faites avec une lime bâtarde, et terminées avec une très-douce, sans quoi les moulures préseuteroient des traits comme quand onrabotte avec un rabot dont le fer a des dents.
Quiconque a travaillé sentira aisément la commodité et l’utilité d’unpareil outil dans une infinité de circonstances. Dès qu’une fois on se seraprocuré de pareilles grelettes, depuis une ligne jusqu’à 5 ou 6, il n’est pasde moulures qu’on ne puisse exécuter. Et même, si l’on vouloit s’en fairequi formassent une courbure faisant partie d’un grand cercle, voici com-ment on pourroit les exécuter. Nous avons soudé une queue semblableà la précédente, sur le plat d’un morceau d’acier assez épais pour pouvoiry trouver la courbe. On peut aussi préparer un peu cette courbe ; en met-tant la lame sur le plat, sur les deux mâchoires de l’étau, écartées tantsoit peu, et frappant avec la panne d’un marteau, au milieu de la petitelame, rougie au feu, ce qui lui feroit prendre la forme d’une cannelurequ’on creusera aussi à volonté ; après quoi on soudera la queue dans lacannelure, et ensuite on formera la denture sur une machine à fendre lesroues d’horlogerie, avec des fraises circulaires.
Si l’on devoit travailler sur de la matière un peu dure, comme de