/|/|6 MANUEL DU TOURNEUR.
Pour faire cet instrument, qu’on appelle plate-forme ou diviseur , oncommencera par forger une platine de cuivre jaune d’environ quatre lignes,qu’on réduira à trois lignes d’épaisseur, et que l’on arrondira à la scie, etensuite à la lime, au diamètre de dix à douze pouces. On achèvera de lamettre au rond en la mettant dans un mandrin sur le Tour en l'air, et onouvrira au centre un trou d’environ un pouce de diamètre. Après avoirtourné l’une des surfaces, on fera la même opération sur l’autre et surcelle qui présentera le moins de défauts, on tracera au Tour plusieurscercles concentriques, que l’on divisera chacun en un certain nombre departies égales.
Le nombre 36o étant celui par lequel on divise le plus communémentle cercle, parce qu’il a un très-grand nombre de diviseurs faciles à trou-ver, on placera cette division sur le plus grand cercle. Sur le suivant, ontracera la division décimale du quart-de-cercle adoptée aujourd’hui parles astronomes et les mathématiciens, et par laquelle la circonférence setronve partagée en quatre cents degrés. On en mettra d’autres aux autrescercles, selon le besoin qu’on prévoira en avoir, pour les occupationsauxquelles on désire se livrer, soit horlogerie , soit mécanique. Les horlo-gers ont souvent besoin de nombres bizarres, comme 365 et 366, à causedu nombre des jours de l’année et de la bissextile. Voici la manière defaire ces différentes divisions.
On se munit de plusieurs compas à verge, ou simplement d’acier, à res-sort; ceux à verge sont infiniment plus sûrs. On marquera sur le plusgrand cercle le nombre de divisions ou degrés dont nous sommes con-venus; c’est-à-dire trois cent soixante; et pour y parvenir, il faut com-mencer par le diviser en huit parties égales , dont chacune contiendra qua-rante-cinq degrés. Chacune de ces huit parties sera divisée en cinq qui encontiendront neuf; celles-ci seront divisées à leur tour en trois, et ces der-nières encore en trois, ce qui terminera l’opération.
Il est essentiel que le cercle sur lequel on inscrit ces divisions soittracé le plus fin possible, afin que la pointe du compas ne puisse éprou-ver la moindre variation. Et si on a bien opéré, la première et la dernièredivision doivent se rapporter parfaitement. Pour plus d’exactitude, on seservira d’une bonne loupe pour faire les dernières subdivisions, qu’iï se-roit trop difficile d’exécuter a l’œil nu.
Lorsque tous les points de division sont marqués, il faut les pointer^pour pouvoir y fixer la pointe de l’alidade, dont nous allons parler. Maiscette opération est encore très-délicate; car si l’on ne tient point le poin-