CHAT. I. Sect. YII1. Construction d Usage de la Plaie-forme. 447teau parfaitement perpendiculaire à la platine, il est évident que lepoint, quoique bien placé dans l’origine, sera jeté d’un ou d’autre côté;et qu’ainsi la division ne sera plus exacte. Il est encore important quetous les trous soient également profonds.
Pour parer à la première difficulté, on sc sert chez les artistes qui fontleur état de diviser ces plates-formes, d’espèces de petits moutons tombantsin' un pointeau qui est sur-le-champ relevé par un ressort. Ce moutonglisse le long d’un plan perpendiculaire, et tombant toujours d’une mêmehauteur , ne peut manquer d’enfoncer le pointeau également.
Les ingénieurs en instrumens de mathématiques emploient une mé-thode dont le résultat est aussi très-exact. Sur la verge de leur compasest une poupée qu’on fixe à tel point qu’on désire. Cette poupée porte, àcharnière, la tige d’un petit marteau qu’on peut allonger et raccourcir àvolonté. Ce marteau a la faculté de s’élever au degré qu’on croit nécessaire;mais ce degré d’élévation une fois déterminé, on ne sauroit le dépasser :ainsi l’artiste uniquement occupé de placer les pointes du compas dans lesdivisions , n’a plus qu’à élever le marteau avec l’index de la main droite, età le laisser tomber. Le marteau tombant toujours d’une égale hauteur,frappe des coups toujours égaux sur la pointe qui marque.
Voilà les règles et les moyens que les artistes emploient ; mais ces moyensne sont pas à la disposition de tous les Amateurs, qui se résoudraient dif-ficilement à se pourvoir d’outils aussi compliqués et aussi coûteux pour uneseule pièce. Il faut donc se résoudre à frapper de la main droite, sur unpointeau qu’on tiendra de la gauche, le plus perpendiculairement possible.
Toutes les opérations que nous venons de décrire sont fort difficiles ;et si un amateur craignoit de n’y pas réussir, il peut s'adresser au sieurIfamelin-Bergeron qui se chargera de fournir des plates-formes de toutesdimensions et divisions. Il peut d’autant mieux en garantir l’exactitude,qu’il est en possession d’une des plus grandes machines à diviser que l’onconnoisse en Europe .
Cette machine a été faite par le sieur Ilulot, qui s’en est toujours serviavec succès pour diviser les plates-formes employées par les mécaniciensqui construisent les machines à filer le cotons, et d’autres qui exigeoientla plus rigoureuse exactitude.
On concevra l’importance de cette exactitude , que nous avons tant re-commandée, si l’on réfléchit que c’est à l’aide de ces plates-formes que l’onfend les roues des horlogers ; et qu’ainsi la justesse d’une montre ou d’unependule, dépend de la justesse des divisions des roues.
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