4o4 manuel du tourneur.
Plus on a multiplié les rayons et les sections sur chacun d’eux, plusexactement on rend les contours de l'anamorphose semblables à ceux dela figure qu’on veut faire. On colle sur une plaque de cuivre bien durle papier sur lequel est le dessin, et l’on a eu soin de la faire de la mêmegrandeur que le cercle qui est sur le papier, et de percer au centre sur leTour un trou semblable à celui des autres rosettes. On découpera avecsoin les contours de l’anamorphose, et on les adoucira ensuite avec deslimes douces, en ôtant tous les jarrettemens qui ne sont pas dans le por-trait, tant pour que la ressemblance soit plus exacte, que pour que latouche glisse avec plus de facilité.
Lorsqu’on exécute le portrait, il faut avoir soin de ne le pas faire plusgrand ni plus petit que l’original ; et en voici la raison. Les contours quiexcèdent ceux de l’original ont proportionnellement moins de sailliequ’eux, et la distance réciproque de tous les traits est plus grande. Onpeut s’en convaincre par les contours de la rosette, où la saillie du nez,de la bouche, du menton, ne sont presque rien, tandis que l’écartementoù ils sont les uns des autres , par rapport à la circonférence , est consi-dérable.
Si on le fait plus petit que l’original, la saillie des traits devient très-consi-dérable, tandis que leur éloignement respectif est moindre, ce qui est ab-solument le contraire du cas précédent. Il s’ensuit que, dans l’un commedans l’autre cas, on ne peut obtenir de ressemblance.
C'est encore sur ce principe qu’on construit les rosettes à l’aide desquelleson güilloche les pièces de forme irrégulière, telles que les boîtes en formede baignoire ou ovale aplati, de navettes ou d’ogives; sortes de courbesqu’on ne pourroit obtenir avec la machine ovale seule. Dans ce cas il faut,comme on vient de le dire au sujet de l’anamorphose, dessiner sur le papierle contour exact de la courbe, autour duquel on décrit un cercle de la gran-deur dont on veut que soit la rosette. On mènera ensuite des rayons ducentre à la circonférence, et on fera sur la figure toutes les opérations quenous venons de détailler.
Quand on voudra se servir de l’anamorphose, on la montera sur lecanon à la place d’une de celles qui y sont, et l’on placera la touche surle champ, en tendant, comme à l’ordinaire, le ressort en serpent vers lagauche. On mettra le suppoit à chariot vis-à-vis de la pièce et parallèle-!ment à sa face, et on y placera un outil terminé par une pointe ronde,dont le diamètre doit être égal à l’épaisseur du trait, et dont l’extrémitéest taillée en pointe de diamant. On fera tourner la rosette jusqu’à ce que