474
MANUEL DU TOURNEUR.
Pl. 54.
k-
Marbres. ■
Comme il est des corps dans lesquels il ^semble que la nature se soitplue à incorporer de l’or, de l’argent et autres métaux, on parvient à lesimiter avec de l’écaille de la manière suivante.
On choisit de belle écaille blonde ; on la saisit dans un étau après l’a-voir grattée et nettoyée dessus et dessous. On la réduit en poudre assezfine, au moyen de râpes, et on la passe dans un tamis un peu fin. On mêleradans cette poudre des feuilles d’or ou d’argent fin battu, comme cellesdont on se sert pour dorer ou pour argenter; on aura soin de ne les pas tropbroyer, pour ne pas les réduire en poudre, ce qui ne produiroit qu’unemixtion informe.
On commencera par faire avec de bonne écaille, sans cependant quece soit des morceaux entiers, une boîte comme à l’ordinaire; puis on laréduira sur le Tour à peu près à la moitié de son épaisseur, comme or. afait pour les boîtes de couleur.
On mettra dans le couvercle ou dans la cuvette le noyau qui leurconvient; on mettra au fond du moule un galet bien uni et bien dressé;ou pour mieux dire, un peu concave, afin que le dessus du couvercleen sorte un peu bombé, attendu que cette forme est plus agréable qu’unplan droit.
On mettra sur ce galet de la poudre d’écaille mêlée de feuilles d’or oud’argentamalgamées ensemble, à peu près trois ou quatre lignes d’épaisseur.
On placera par dessus le couvercle ou la cuvette, et on s’assurera, à lavue simple, que la pièce est très-exactement au milieu du moule. Onprendra de la même poudre avec la cuillère représentée fig. 29 , et on enmettra tout autour de la boîte; et comme cette cuillère doit être courbesur sa largeur, on s’en servira pour fouler la poudre tout autour; on enmettra jusqu’au haut du moule, en foulant toujours avec la cuillère. Lors-que le moule # sera plein , on mettra par dessus le noyau une plaque, puisle tasseau, et on donnera une serre un peu forte, afin que le noyau entredans le moule, et que l’eau n’y pénètre pas par les côtés. On plongera letout dans l’eau bouillante, et au bout d’un quart-d’heure on donnera uneforte serre, qui suffira pour souder toutes les matières.
En cet état, la boîte est ce qu’elle doit être, quant à la composition ;mais toutes ces poudres ne sont pas susceptibles de prendre de poli; et sion les laissoit telles qu’elles sont, elles n’offriroient qu’une surface terne