CIÏAP. II. Sect. Y. Moulage imitant les Marbres , etc. 4?5et désagréable à la vue. L’art est encore venu au secours de l’art, et y aajouté ce qui lui manquoit
On grattera avec soin le dehors de la cuvette et du couvercle ; etmême on en ôtera, sur le Tour, environ une demi-ligne sur l’épaisseur. Onformera, avec de belle écaille blonde, bien choisie, des plaques et desviroles bien minces, qu’on grattera sur la face qu’on doit soudera la boîte-On les fera entrer très-juste dans le moule, tant dessus que des côtés. Ony fera entrer la boîte très-juste, en y laissant le noyau. On donnera uneserre assez forte, pour que la pièce pénètre jusqu’au fond du moule : onplongera dans l’eau bouillante, et une seconde serre soudera ces plaques etcôtés au corps de la boîte, qui se trouvera ainsi terminée.
Cette écaille blonde, par sa transparence et son peu de couleur, laissevoir tous les effets des feuilles d'or ou d’argent, qui sont amalgamées à lapoudre. Et comme elle est très-mince, elle ne fait là que l’effet d’un vernis,qui fait valoir et lustre le fond, qui, sans cela, seroit mat et terne.
Il nous seroit difficile de rendre à nos Lecteurs l’effet que produit cemélange. II semble, en voyant une boîte de cette espèce, voir un marbrebien fin et bien poli, dans lequel seroient de fortes veines d’or ou d’argent.Au moyen du mélange des deux matières, tantôt cet or ou cet argent pa-roissent à la superficie, et semblent pénétrer dans l’intérieur et disparoîtreensuite; et cet effet agréable est une suite de ce que le métal n’est que médio-crement broyé : s’il étoit en poudre, il ne feroit que donner un peu decouleur à la matière. Le hasard de ce mélange ajoute encore à la beauté.Ces marbrures d’or ou d’argent sont bizarrement jetées; et en cela ellesimitent parfaitement la nature.
Granits
Le Granit est une espèce de marbre qui semble composé d’une infi-nité de petits grains de différentes nuances. Communément ce sont desbruns, des rouges, plus ou moins foncés, des gris foncés, avec quelquestaches de blanc et de jaune.
L’Art du motdage de l’écaille est parvenu à imiter assez bien cetteespèce de marbre. Voici les procédés qu’on y emploie.
On commence par former des galettes de morceaux d écaillé ordinaire,mais un peu belle; puis de poudre de couleur brune, rouge, foncée et claire,ou de telle autre qu’on juge à propos d’employer.
On saisit ces galettes l’une après l’autre dans un étau, en les envelop-
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