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La Russie et ses chemins de fer / par Emile Barrault
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LA RUSSIE ET SES CHEMINS UE FER.

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mode. On y apporte aussi des fabriques de Toula 50 ou 00,000 deces petits instrumens nommés harmonica, destinés à la Chine , dontils flattent le goût musical.

Venons enfin à la foire de Nijni-Novgorod , dont nous parleronsd’après celle de 1852, qui a été l’objet des études les plus exactes.Nijni-Novgorod , peuplée de 83,000 habitans, se divise en deuxvilles. La ville haute, avec le Kremlin obligé, sorte de Capitole russecommun à toutes les vieilles cités, occupe un promontoire presqueà pic de 120 mètres d’élévation, au pied duquel l’üka et le Volga serencontrent en déployant de chaque côté une nappe de 1,000 mètresde large. La ville basse occupe les deux rives de l’Oka , qui sontréunies par un pont de bateaux; sur la rive droite, elle s’abrite der-rière le promontoire; sur la rive gauche, elle s’étend en plaine avecun vaste bazar bâti en pierre, des canaux faisant ceinture au bazar,et un égout d’architecture vraiment romaine. La ville basse est lequartier de la foire. La petite mer formée par le confluent de larivière et du fleuve, les milliers de barques matées qui la couvrent,— au-delà, sur la rive gauche du Volga , une plaine immense par-semée de nombreux villages et terminée par une ligne de forêtsépaisses, composent, avec la ville haute et ses tours, un de ces sitespittoresques assez rares en Russie ; mais un spectacle encore pluscurieux peut-être, c’est celui d’une multitude de 2 à 300,000 visiteursde toutes les nations, de tous les costumes, de toutes les langues. Lavaleur totale des marchandises apportées en 1852 à Nijni-Novgorod est représentée par une somme de 258 millions; les marchandisesrusses y figuraient pour 197 millions, les provenances européennespour 25, et celles d'Asie pour 36 millions. Parmi les marchan-dises russes , les tissus de coton, de laine, de lin et de chanvre comp-taient pour plus de 7/i millions; — le fer en barres et l’acier, le feret l’acier ouvrés, le cuivre de première fusion, tant en planchesqu’en feuilles, et les diverses fabrications métalliques, pour plus deA6 millions; — les pelleteries, cuirs bruts et ouvrés, pour près de37 millions; — les articles alimentaires, sucre raffiné, sel, grains etfarines, produits des pêcheries, vins et spiritueux, pour 2 h mil-lions; — le tabac, pour 3 millions 1/2; — le restant, en articles di-vers, pour 23 ou 24 millions. Parmi les marchandises européennes,les drogueries et les matières tinctoriales, dont une faible partie seu-lement arrivait de la Perse, comptaient pour 10 millions; —les vins,pour plus de 5 millions; — les tissus de soie, de laine et de coton,comprenant des cotonnades anglaises unies, des batistes d’Écosse ,des indiennes de Mulhouse , etc., pour plus de 6 millions 1/2. Lesmarchandises asiatiques consistaient en fourrures, en tapis et ensoies expédiés par la Perse, en pelleteries de Khiva et de Boukhara ,