25
en coton brut et filé de même origine, et en 42,000 caisses de thé,d’une valeur de 27 millions (1).
Ces détails donnent une idée des exigences de la consommation dela Russie . Après le commerce russe proprement dit il faut parler ducommerce asiatique, encore modeste, mais favorisé par le gouver-nement dans des vues politiques. Le chiffre total de ce commerceest de 80 à 100 millions : — 6 millions avec la Turquie d’Asie , 17 mil-lions avec la Perse, 23 ou 24 millions avec Khiva, Boukhara , Kho-van, Taschkend, villes tatares, et la steppe des Khirguiz. En général,la Russie exporte chez ces nations des cotonnades, des tissus enlaine, des métaux ouvrés, etc., et reçoit des matières premières;pourtant la Perse fournit annuellement pour 7 millions de tissus desoie et de coton aux provinces caucasiennes, où la mode persanes’est conservée. Quant au commerce avec la Chine , il est de 50 mil-lions environ; l’article presque unique de la Chine est le thé, qu’ellecote à 25 ou 20 millions; elle prend l’équivalent en métaux ouvrés,en pelleteries et peaux préparées, en tissus de lin et de chanvre, encotonnades et en draps quelle place en partie dans la Mongolie sep-tentrionale. Ces échanges ont leur centre à Kiakta , à 0,000 kilomè-tres de Moscou ; ils sont l’objet de la sollicitude du gouvernement. Lethé introduit par les caravanes en Russie est d’un prix plus élevéque celui qui s’importe de Canton en Europe ; or cette cherté tientmoins à la longueur du trajet qu’à une compensation imposée parles marchands chinois, qui n’achètent à un prix fort les draps et lescotonnades russes, grevés par les frais de transport et surtout parceux d’une fabrication encore coûteuse, qu’à la condition de vendreleur thé au-dessus du cours. Cependant toute importation en Russie autrement que par les caravanes est frappée de droits prohibitifs, etles partisans des boissons chaudes supportent l’indemnité chinoiseà la gloire et au profit de l’industrie nationale; c est une prime d en-couragement pour l’aider à faire en Chine un commencement deconcurrence aux tissus anglais , en y envoyant chaque année pour5 ou (5 millions de cotonnades et 11 ou 12 millions de draps. Lesdraps, qui entrent depuis longtemps dans ce trafic, étaient tirés au-trefois de la Silésie et de la Pologne ; ils sont fournis aujourd’huipar les manufactures russes, qui ont à corriger, par la modicité duprix de revient, ce que ces transactions ont de factice. Quoi qu’ilen soit, tandis que la Grande-Bretagne et l’Amérique entr’ouvrent leCéleste-Empire par mer et au sud, la Russie y fait sa brèche au nordet par terre, de sorte que l’intégrité de la clôture aura peine à semaintenir. La Russie fait plus : pendant sa guerre européenne , elle
(1) Voyez 1 ouvrage de M. de Tegoborski et les Annales du commerce extérieur.