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.EA RUSSIE ET SES CHEMINS DE FER.
vidait avec la Chine une contestation pendante à propos d’un terri-toire arrosé par le fleuve Amour, non moins étendu que la France ,et en prenait possession. Ses regards sont tournés de ce côté de-puis longtemps. On a dit que Pierre le Grand , rêvant au point surlequel il fixerait la capitale de ses états, avait d’abord choisi l’em-bouchure du Don dans la mer d’Azof; ce qui est plus étrange, c’estqu’il délibéra sérieusement avec lui-même s’il ne fonderait pas Pé-tersbourg sur les rives lointaines de l’Amour; un mémoire rédigé parses ordres, exhumé tout récemment des archives impériales, nelaisse aucun doute à cet égard. Le géant voulait tout étreindre à lafois; en tout cas, il indiquait prophétiquement la seule mission oùson peuple ne fera pas fausse route, une mission civilisatrice dansla Haute-Asie.
Un mot maintenant sur le commerce de l’empire avec les nationseuropéennes. La Russie expédie des céréales, des bois, du lin, duchanvre, des graines oléagineuses, du suif, de la laine, de la po-tasse, etc.; elle reçoit des objets manufacturés, des spiritueux et desvins, des denrées coloniales, du sel, du charbon de terre. En 185*2,ce commerce, Finlande et Pologne non comprises, s’est élevé à862 millions, dont A08 pour l’exportation, h 5A pour l’importation;en 1853, il a atteint pour la totalité à 920 millions; en 1822, la limiteétait de 360 millions. Quelle en sera la progression sous l’influencedu réseau?
Toutes les lignes sont placées dans la direction même des cou-rans commerciaux du pays, que les ports de Liebau et de Théodosie tiendront ouvert en toute saison. Traversant les régions industrielleset agricoles, elles feront un appel incessant à leyrs facultés pro-ductives. La Russie exporte 99 millions de kilogrammes de lin etde chanvre, 120 millions de kilogrammes de graines oléagineuses,11 ou 12 millions de kilogrammes de laine, 60 millions de kilo-grammes de suif, etc. Depuis dix ans, l’exportation des céréales a été,année moyenne, de 11 millions d’hectolitres, et en 18A7 de 27 mil-lions. Si dès à présent elle a de pareils excédans disponibles, quesera-ce quand la certitude des débouchés remplacera la noncha-lance par le zèle, la routine par de bons procédés? Que sera-cequand la fertilité de la terre noire, comparable à celle des terresvierges du Nouveau-Monde, sera énergiquement sollicitée? L’hec-tare ne rend que de 5 à 6 hectolitres de grains, c’est-à-dire moitiéde ce qu’il rend en France , et la proportion est la même pour Iqsautres cultures; que le rendement augmente, il y aura une surabon-dance de matières premières, produites à plus bas prix que partoutailleurs, qui primera les denrées similaires de l'Amérique du Nord ,