48 PREMIÈRE PARTIE.
trefois par certains couvents à ce genre de travail de la laine.Les étoffes rases peuvent être assimilées quant à leur textureaux tapisseries, et les tissus drapés aux tapis veloutés. Du pas-sage de l’une à l’autre de ces industries il n’y avait qu’un pas,aux époques et dans les contrées où la législation n’y mettaitpas d’obstacles, et où la possibilité de pouvoir travailler en sé-curité existait; aussi est-ce à partir de l’établissement des com-munes, au douzième siècle, qui mirent les industriels à l’abrides violences des seigneurs, comme le fait remarquer A. Thierry,que le travail commença à se développer.
L'origine du travail de la draperie commune d’une consom-mation ordinaire est bien plus ancienne dans nos contrées quecelle des tissus de luxe(tapis et tapisseries plus souvent men-tionnés cependant par les historiens). Louviers, Elbeuf, Cau-debec, Darnetal, Orival, Pont-Audemer, transformaient la lainedès le temps des Romains, puisqu’ils la teignaient en étoffes.Les Romains, fort soigneux, comme on sait, de la salubritéde leurs villes, établirent à une certaine distance de Rouen lesusines qui, à la suite des temps, devaient se développer et setransformer, sous le moyen âge, de simples teintureries en fa-briques de draps, de frocs et de serge.
L’ancienneté de la fabrication de la ville d’Elbeuf et de Cau-debec-lez-Elbeuf, sur lesquels nous revenons plus loin, paraîtremonter plus haut encore, si on s’en rapporte à l’histoire d’El-beuf par M. Guilmeth.« Cette ville fut rebâtie, dit-il, par lespremiers rois francs, qui y attachèrent une grande importance,à cause de sa position commerciale et industrielle privilégiée.On y utilisait à la teinture des étoffes, depuis les temps les plusreculés, la gaude et l'écorce de noix, qui formaient les basesdes couleurs auxquelles Elbeuf et Caudebec durent, dans lespremières années de l’ère chrétienne, les noms de Brunent etd’Uggade, qui furent abandonnés plus tard pour les anciensnoms celtiques Æal/t-Bec et Wael-Bus, transformés définitive-