64 PREMIÈRE PARTIE.
tourner leur activité de ce côté. On est frappé de ce fait, si on
parcourt les rapports adressés par les préfets au gouvernement
dans les premières années du siècle. Ne pouvant les citer tous,
nous en donnons quelques-uns. Voici d’abord un extrait de celui
de M. Brulé, préfet de l’Aube, fait l’an X de la République:« Le commerce du‘département de l’Aube remonte à la plus
haute antiquité. Dès l’an 427, des foires franches, qui furent
établies dans la ville de Troyes, en firent l’entrepôt du com-
merce de l’Allemagne et de la Suisse. Depuis, le commerce
ayant pris sa route par la Flandre, la Hollande, et les frontières
de la France étant reculées jusqu’au Rhin, Troyes a cessé
d’être un lieu d’entrepôt et a été réduit à la vente du produit
de ses fabriques; elles étaient encore assez considérables pour
lui faire tenir un rang distingué parmi les villes de commerce.« En 1650, Troyes comptait:
2,000 métiers de draperie;
« 150 marchands drapiers;
20 teinturiers bon teint;
« 20 en petit teint, etc.
« D’après cet état, la draperie et la tannerie sont les princi-
(
«
pales branches de commerce; depuis, elles sont sensiblementdiminuées, et l’on verra par le tableau actuel des fabriquesqu’elles sont entièrement tombées. Elles ont été remplacéesavec avantage par les fabriques de coton, soit que les fabri-cants aient trouvé plus d’avantages à faire travailler le coton,soit que le nombre de bras ne fût pas assez considérable poury joindre encore les manufactures de laine.»
En 1802 Troyes ne comptait plus que 200 métiers diviséschez 14 fabricants, qui employaient chacun, l’un dans l’autre,11 métiers, 5 grands et 6 petits. Les grands métiers occupent2 tisserands; les petits, 1; chaque maître occupe 6 éplucheurset 1 appareilleur et environ 100 fileuses et cardeurs, ce quidonne 1,750 personnes.