INTRODUCTION HISTORIQUE. 65
On y faisait du molleton sur 1/2 aune de largeur, valant2 fr. 50 c. à 3 fr. 50 c. l’aune; des serges et espagnolettes 5/8,de 3 fr. 50 c. à 5 francs, des ratines 5/4, de 10 à 13 francs.
Ces étoffes étaient destinées aux gens de la campagne et pourla troupe.
Bien des documents analogues prouvent que la décadence oula transformation de l’industrie des laines tient à quelques causesde la nature de celles que donne le préfet de l’Aube pour Troyes.Il en à été ainsi pour Caen, Aumale, Pont-Audemer, ete. Quantà Rouen et à ses faubourgs, l’industrie naissante du coton vprit une telle extension et y prospéra si bien, qu’elle eut bien-tôt une prépondérance marquée. On lit dans une publicationdu temps, parlant des manufactures de Rouen:« Celle desdraps, d’espagnolettes, ratines blanches et autres étoffes de lainen’est pas la moins considérable; mais tout ce qui s'appelle pas-sementeries, qui s’y fabriquent en étoffes de soye, en toilerieunie, rayée, à fleurs, siamoises, mouchoirs, bazins, futaines etautres de toutes espèces, est au delà de toute croyance et faitsubsister au moins un grand tiers des habitants.
« On pourrait encore ajouter à celles-ci les manufactures detapisserie en point de Hongrie, de Bergame…
«. Mais celle qui vient de s’établir dans le faubourg Saint-Sever, par arrêt du conseil du 19 septembre 1752, pour lesvelours et draps de coton, mérite à juste titre la protectionroyale dont elle est appuyée, sous la direction du sieur Holkèret compagnie, qui en sont entrepreneurs.
«Il est encore établi dans ce faubourg quatre calendres d’unenouvelle invention, qui donnent aux étoffes un lustre plus bril-lant que les anciennes; et une manufacture royale de sanglesanglaises pour les chevaux, avec un privilége exclusif accordéaux entrepreneurs par un arrêt du conseil du 22
janvier1754.»
Il y à encore, dans les environs de cette grande ville, une
LAINE 5