78 PREMIÈRE PARTIE.
liorèrent au point de faire rechercher la laine anglaise par lesdiverses contrées manufacturières. Aussi les Anglais s’efforcè-rent-ils de la travailler eux-mêmes.
Henri IT défendit le mélange des laines espagnoles aux lainesanglaises. Le produit qui en résultait devait être brûlé publi-quement, et leur auteur condamné à une amende. Les étoffesde Lincoln, d”York, d'Oxford, et surtout de Winchester, avaientdéjà une certaine réputation et donnaient un revenu sérieux àl'Etat au douzième siècle. Les premiers règlements surla largeuret la qualité des tissus remontent à 1199. Les Flamands, àleur arrivée, une trentaine d’années plus tard, trouvèrentpar conséquent la situation admirablement préparée, et pu-rent contribuer au développement dont l'impulsion la plusénergique ne date que du commencement du quatorzièmesiècle.
Les historiens, sans exception de nationalité, sont d’ailleursd'accord sur ce fait de l'impulsion donnée à l’industrie des lai-nages en Angleterre, en 1331, par Edouard II, et l'influencede la fille d'un comte flamand, qu'il avait épousée. Cette prin-cesse protégea ses compatriotes, qui s’établirent surtout à Nor-wich, à Worsted, à Norfolk, Sudbury Colchester. Ces localitéslui durent principalement leur prospérité.
Tout en cherchant à propager la fabrication des tissus delaine, Edouard II ne perdit pas de vue l'importance du com-merce de la matière première. Le singulier usage qu’il institua,de faire asseoir les membres du Parlement sur des sacs delaine, avait pour but de leur rappeler l’intérêt capital de laproduction de cette matière, au moment où les bénéfices deses transformations auraient pu la faire négliger.
De nombreux règlements, analogues à ceux dont nous avonsparlé pour les fabriques françaises, furent établis par ce mêmeprince. Comme conséquence de son système, il chercha à res-treindre l'exportation des laines de son pays, en les imposant