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Tome premier.
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80 PREMIÈRE PARTIE.

nouveaux; c’est ainsi que s’explique un acte du Parlement de1666, qui dispose que les linceuls devront être en étoffe delaine, sous peine de cinq livres d’amende. L'Etat ne resta indif-férent à rien de ce qui pouvait faire progresser cette importantebranche industrielle. Aussi les soixante-dix mille émigrés fran-çais qui vinrent à la suite de la révocation de l’édit de Nantes,furent-ils accueillis avec empressement et traités avec une libé-ralité qui compléta le succès de la spécialité. Sa prospéritéaugmenta d’une façon telle, dès ce moment, que la valeur destissus de laine exportés par l'Angleterre en 1699 s’élevait déjàà la somme de 2,932,292 livres sterling, à plus de 68 millionsde francs! Cette prospérité un instant menacée, lorsque,quelques années plus tard, le travail du coton commença à sedévelopper, les plaintes qui s’étaient manifestées dès 1674 con-tre l'emploi des cotonnades se renouvelèrent. Et cependant lacréation des manufactures du Yorkshire pour la laine, si floris-santes depuis, date à peu près de cette même époque, de la findu dix-septième et du commencement du dix-huitième siècle.Elles se développèrent également dans le Devonshire, leHampshire, le Witshire, le Somerset, le Durham, à War-wick, à Norfolk, suffolk, Essex, etc. L'origine de Bradford estun peu moins ancienne.

L'industrie du coton, dont on craignait tant les résultats,servit, au contraire, indirectement aux progrès des lainages parles moyens perfectionnés qu’elle leur fournit. Le travail de lalaine rase, ayant plus d'analogie avec celui du coton que celuide la draperie, en profita le premier. Au moment de la révo-lution française, l’Angleterre exporta surtout ses étoffes lisses,mais ne put rivaliser avee la France et la Hollande pour la dra-perie fine sur les marchés étrangers.

Jusqu'à la seconde moitié du dix-huitième siècle, Londres etCoventry paraissaient plus particulièrement en possession dela teinture et des apprêts; on y envoyait les tissus pour y