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Tome premier.
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82 PREMIÈRE PARTIE.

développèrent le commerce d’une façon prodigieuse; aussi, laPéninsule avait-elle alors une des premières places en Europeet dans le monde. Le travail des lainages y était surtout floris-sant; il employait les toisons si réputées du pays, dont laproduction était singulièrement facilitée par l’étendue desterres et le libre pacage, si longtemps en usage. Au commence-ment du treizième siècle, l’Espagne excellait surtout dans la fa-brication de la draperie fine, certaines étoffes rases n’y prirentdu développement que plus tard, en 1360. Ses manufacturesfurent régies par des ordonnances, des statuts et des règle-ments réunis en 1438.

L'ordre de la Toison d’or de Philippe le Bon est conservéen Espagne en mémoire, dit-on, d’une vente de laine très-considérable, dont le produit avait beaucoup augmenté la ri-chesse des domaines de Flandre et du Brabant. La persécutiondes Maures et des Juifs, la découverte de l’Amérique, l’influencede son or sur les salaires et les mœurs, les guerres et la poli-litique du gouvernement de Philippe II, sont bien connuescomme les causes de la décadence de l’industrie en généralet du travail des lainages.

« La seule ville de Tolède, dont la population totale était des-cendue à dix mille âmes, occupait, dit de Lasteyrie, dix milleouvriers à la fabrication des lainages au milieu du seizièmesiècle'.» Vers la fin du dernier, les manufactures de draps finsn’existaient presque plus en Espagne; on en comptait deux seu-lement, l’une à Saint-Fernandez, près Madrid, et l’autre à Sé-govie. Ces établissements appartenaient à la couronne; on ytransformait les belles laines du pays. Malgré la qualité desmatières premières, les produits laissaient beaucoup à désireret ne pouvaient être comparés à ceux de France. Aussi noslainages, et surtout les draps de Sedan, de Louviers, d’Elbeuf

* Des bêtes à laine en Espagne. Paris, an VII.