Band 
Tome premier.
Seite
84
JPEG-Download
 

84 PREMIÈRE PARTIE.

M. Alstroemer, ancien président de la Société royale de Stock-holm, auquel nous empruntons ce fait, que date le commence-ment de la décadence des manufactures de laine dans les Flan-dres et là célébrité de celles de la Hollande. L'importance de cesdernières, contrairement à celles de l’Allemagne, a été constam-ment en diminuant. Bien qu’entrée plus nouvellement dans lavoie industrielle que ses concurrentes de l’Europe, l'Allemagneétait suffisamment avancée lors de l’avénement des moyensmécäniques qui caractérisent particulièrement le travail denotre époque pour en profiter. La produetion de ses magnifi-ques laines, le caractère de sa classe ouvrière, le bas prixrelatif de la main-d'œuvre, l'aptitude spéciale de ses popu-lations. aux travaux manufacturiers, expliquent ses progrèsnotables. Le développement est surtout remarquable, pourcertains centres, dans la production des beaux lainages drapéset des tissus légers à bas prix. Il en était tout autrement àla fin du dernier siècle, si l’on s’en rapporte aux appréciationsde Peuchet, l’un des auteurs les plus exacts, sur les faits in-dustriels de cette époque.

La fabrication des draps de belle qualité avait presque dis-paru de l’Allemagne au moment de la Révolution française;il n'y existait que quelques fabriques de draperies communes.Les tissus ras y étaient, au contraire, en progrès; on y em-ployait les belles laines de Saxe, des marches du Brandebourg,propres aux étoffes d'Amiens, si estimées déjà. Le camelot, lebaracan ou bouracan, les serges, les sayettes, les turquoises,les tamises et une foule d’autres genres compris dans la grandebranche des étoffes de laine dites rases et sèches se fabriquaienten Allemagne. La haute Saxe, Cottingue, Berlin et ses envi-rons, Lintz, ete, possédaient des établissements considérables,Cependant la production intérieure ne suffisait pas à la con-sommation, qui devait se pourvoir de lainages au dehors et

surtout en Angleterre.