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Tome premier.
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94 PREMIÈRE PARTIE.

Le même constructeur faisait également des métiers à tisserà navette volante. Aussi obtint-il une médaille d’or à l’Expo-sition de 1806.

La machine à tondre, à lames hélicoïdales disposées autourd’un cylindre, agissant sur le drap longitudinalement, n’exis-tait pas encore. Inventée en Angleterre par un nommé Lewis,elle ne fut exécutée en France que vers 1817, par John Collier,qui imagina, quelques années après, la tondeuse transversale,aujourd'hui moins usitée.

Abraham Poupart imagina vers le même temps la tondeusedite à lames oscillantes, très-ingénieuse et efficace, mais peuemployée, à cause de sa faible production. Jusqu’alors on tondaitencore avec les forces. On cherchait seulement à les faire mou-voir par des transmissions mécaniques. Un mécanicien deReims, Leblane-Paroissien, s’était ingénié pour opérer auto-matiquement avec les ciseaux gigantesques auxquels on donnaitce nom, et un nommé François Mazeline, de Louviers, con-struisait, de son côté, des machines à lainer dans le genre decelle de Douglas.

Nous voici loin déjà des moyens séculaires universellementusités naguère; la transformation était telle, disent les appré-ciations de l’époque reproduites dans les bulletins de la So-ciété d'encouragement pour l'industrie nationale, qu’un per-sonnel donné produisait quarante fois plus que vers la fin dudernier siècle. Cependant, les opérations fondamentales dufoulage, du tondage et certaines autres, étaient restées sanschangement.

L'industrie de la laine peignée fut moins heureuse toutd’abord, quoique l’objet d’autant de recherches; elle se montrarebelle à la filature mécanique. Les brins, même les pluslisses, ne glissaient et ne s’échelonnaient qu’avec difficulté,la régularité des étirages et, par conséquent, du fil, en souffrit,L'expérience démontra bientôt qu’on ne pouvait vaincre ces