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Tome premier.
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108 PREMIÈRE PARTIE.

chez nous, existant à peine en Angleterre, et bien moinsavancée encore partout ailleurs. Le travail de la laine longue,qu’on abordait seulement sur le continent, fournissait, au con-traire, des masses de produits parfaits en Angleterre.

Quant aux produits de la laine cardée, la France ne crai-gnait aucune rivalité: elle faisait des qualités qu’on trou-vait difficilement ailleurs, et son industrie les livrait à desconditions aussi avantageuses que possible. Pour les articlesplus communs, et surtout pour ceux dont la chaîne était encoton, encore peu abordés par notre industrie, dont le travailpouvait être fait automatiquement, certains pays, et surtoutl'Angleterre, avaient une avance notable sur leurs concurrents.

L'appréciation comparative avait donc démontré que la con-struction et l’outillage français étaient plus avancés qu’on lesupposait alors, ou, en d’autres termes, que le progrès dansles machines, en Angleterre, résidait plutôt dans un emploiplus général de métiers connus et également appliqués enFrance, sur une échelle moindre. Mais nul ne pouvait mécon-naître la part considérable de l’industrie française dans lesprogrès les plus marqués et les plus récents. Nous pourrionsen multiplier les preuves, si les deux exemples cités précé-demment n’étaient suffisamment caractéristiques. Les puis-sances productrices et les valeurs relatives des résultats classéspar nations et par spécialités se sont bientôt dégagées avec lamême netteté; dans les lainages unis et façonnés de belles qua-lités, on ne pouvait nier la supériorité française et belge. Dansles tissus ras unis, à armures ou façonnés, obtenus avec lalaine peignée lisse et courte, du genre dit mérinos, avec sesnombreuses variétés et dérivés, la France n'avait pas de rivalesérieuse. Les progrès techniques et économiques s'étaient réa-lisés à pas de géant dans cette direction. Les moyens s'étaienttellement améliorés dans l’espace d’un quart de siècle, quedans la filature de la laine mérinos, on était arrivé à une