PROGRÈS DES INDUSTRIES DE LA LAINE. 411
plus l'importance de l’élément commercial. En France et dansdiverses autres contrées européennes, si on excepte la Hol-lande et peut-être la Russie, le développement du commerce etsurtout du commerce maritime‘est presque toujours la con-séquence de la production industrielle. Celle-ci est au con-traire, en général, le résultat des conditions et des exigencescommerciales dans les pays où l’esprit des affaires est domi-nant. Nous pourrions ajouter bien d’autres faits à l’appui decette considération, si nous ne nous étions imposé l'obligationde nous borner aux spécialités qui nous occupent.
Malgré les conditions particulièrement favorables de l’indus-trie des lainages dans le Royaume-Uni, il n’y avait cependantpas de différence sensible sous le rapport de l'importance entreproduction anglaise et la production française.
Un auteur très-compétent dans ces sortes de matières,M. Bernoville, dans son remarquable travail sur les lainages àl’occasion de l’Exposition internationale de 1851, estimait laproduction anglaise, tant en tissus foulés que ras, à la sommede 957,500,000 francs, y compris les tissus en alpaca et lesfils en poils de chèvre, obtenus par une transformation de121,900,000-kilogrammes de laines brutes dont elle expor-tait pour une somme de 246 millions de francs, composée de232 millions de francs d’étoffes et 14 millions de franes de fils.
La production française s’élevait, d’après le même auteur, à921 millions de francs avec 86 millions de kilogrammes de lainelavée à dos, dont on exportait pour 116 millions de francs.Malgré la grande compétence de l'industriel qui a établi ceschiffres, ils nous paraissent trop élevés, d'autant plus que lui-même évalue avec une exactitude qui nous paraît incontes-table la production des tissus légers et ras au chiffre de980 millions de francs pour la France; celui des étoffes fouléeseût été, par conséquent, de 641 millions de francs, ce qui nousparaît exagéré. D'un autre côté, un économiste, M. A. Moreau de