199 PREMIÈRE PARTIE,
qu'ici de 1 fr. 50 c. à 2 francs, subissent une telle métamor-phose, qu’ils remplacent des matières premières de 6 à 8 francsle kilogramme.
« Des progrès de cette importance ont bientôt frappé les in-dustriels de tous les pays. Ceux de la terre classique de la fila-ture du coton, à qui nous accordions si libéralement l’initiativedans cette branche d’industrie, se sont empressés de faire leurprofit du nouveau système de peignage. Nos voisins possèdent,en effet, plus de deux mille quatre cents peigneuses, et notreindustrie du coton, cinq fois moins importante, plus de septcent cinquante; les autres contrées manufacturières entrentdans cette voie avec la même activité.
« Application à la filature du lin.— Les services rendus à lafilature du lin seront bientôt aussi importants. Les étoupes, quiforment à peu près moitié de la matière, tant en quantité qu’envaleur, traitées à la machine Heilmann, donnent des fils plusbeaux que ceux du long brin et d’un prix aussi élevé.
« Nous n’avons pu nous procurer les chiffres exacts sur lenombre de peigneuses en usage dans cette industrie; maisnous savons qu'elles fonctionnent dans beaucoup d’établisse-ments, qu’un seul du Yorkshire en fait travailler cent cinquanteau moins.
« Application à la bourre de soie.— Enfin le travail de labourre de soie, frison, galette, chappe, etc, particulièrementinsalubre, imparfait, perdant des déchets d’un grand prix, àsubi une transformation économique et hygiénique des plusheureuses; les ouvriers sont désormais à l’abri des dégage-ments nuisibles, et des déchets d’une valeur de 10 à 75 cen-times, se vendent aujourd’hui de 2 à 9 francs. Plus de cin=quante peigneuses fonctionnent en France, où le travail dela bourre est assez restreint. La Suisse, renommée dans cettespécialité, et si positive dans ses appréciations industrielles, enemploie le double,