PROGRÈS DES INDUSTRIES DE LA LAINE. 121
fert. Nous devons signaler aussi la facilité nouvelle d’approvi-sionnement, grâce à l’extraction, dans toute espèce de laines,des brins propres au travail du peigne. Les laines rares et chèresaujourd’hui eussent été inabordables, s’il eût fallu d'aussi con-sidérables emmagasinages qu’autrefois.
« L'usage des nouvelles machines s’est donc répandu avec unerapidité sans exemple dans tous les États de l’Europe. L’indus-trie française en possède plus de huit cents, transformant, enmoyenne, 40,000 kilogrammes par jour, représentant une va-leur de près de 100 millions de franes par an. L'importancede cette application est peut-être plus grande encore dans leRoyaume-Uni. Les États de l’Allemagne en font mouvoir troiscents environ, et la Russie plus de cinquante.
« Application à l’industrie du coton.— Si favorable que soitcette invention à l’industrie des laines, elle le sera peut-êtredavantage encore à celle du coton. Restée à peu près station-naire depuis quelques années, ses perfectionnements se bor-naient à des détails, on la croyait en possession d'elle-même età l'apogée du progrès, lorsque la machine Heilmann est venuelui donner une impulsion inattendue. Les plus beaux cotonsde la Géorgie et d'Égypte ne pouvaient être triés, épluchés etbattus qu’à la main; ces opérations insalubres, réservées auxouvrières, étaient une protestation contre l’art mécanique, etun reproche bien plus grave à l’humanité; ce sera pour Heil-mann un éternel honneur d’avoir simultanément affranchi lesfemmes d’un travail pénible, et d’avoir substitué au cardage età ses préparations incomplètes un peignage si parfait, qu’ilimprime au coton une pureté, une netteté, un brillant, et, enun mot, un caractère nouveau. La limite de la finesse et de lasolidité a été reculée d’une manière remarquable. On fabriqueavec une matière première donnée, non-seulement des fils plusfins et plus résistants, mais les déchets qui tombent des ma-chines, mélangés à toutes sortes d'impuretés, et vendus jus-