Band 
Tome premier.
Seite
128
JPEG-Download
 

128 PREMIÈRE PARTIE.

toujours un obstacle à un grand écoulement général. Quant àleur beauté, à leur élégance, il ne saurait y avoir deux opinions.Leur supériorité résulte en grande partie, non-seulement de lanature de la matière, mais aussi de ses heureuses combinai-sons et de l’harmonie des couleurs dans lesquelles excellentnos voisins.

« Pour les articles sur chaîne de coton tramés en laine, enalpaca ou en poils de chèvre, nous réclamons la supérioritéaussi marquée que celle de la France pour les tissus pure laine.

«En comparaison de l'énorme quantité de tissus bon marchéque nous fabriquons, les manufacturiers français n’ont exposéque bien peu d’articles s'adressant aux classes moyennes etlaborieuses.»

Ce jugement offre un cachet d’impartialité qui atteste enmême temps la compétence et la sincérité de ses auteurs.Depuis que cette espèce de verdict a été formulé, l'industrieanglaise a fait des efforts pour s'approprier la fabrication destissus ras en laine pure, conformément aux incitations du rap-port. Nos manufacturiers, de leur côté, surtout ceux du Nord,se sont livrés avec une grande ardeur à la production des tissusmélangés en laine, alpaca et poils de chèvre. Nous ne croyonspas nous tromper en affirmant que les progrès obtenus cheznous dans cette dernière branche d’étoffes sont bien plus no-tables que ceux de nos concurrents dans la fabrication des ar-

ticles en pure laine*,

* L’habile rapporteur du jury de l’Exposition de 1862, pour les tissus enlaine pure et mélangée, M. Larsonnier, exprime le regret que nos indus-tries, et surtout celles de Roubaix, aient tant tardé d’entreprendre l’exploi-tation des étoffes mélangées, avec les nouvelles matières exotiques,l’alpaca, le poil de chèvre. Qu'on nous permette de dire que nous parta-tagions ce sentiment depuis longtemps; qu’avant 1851, nous avions étéfrappé, dans un de nos voyages en Angleterre, de l’immense avenir ré-servé à ces spécialités nouvelles, Nous n'avons cessé, depuis lors, dans nosécrits, notre enseignement et nos conversations avec des manufacturiers,