142 PREMIÈRE PARTIE.
ques qui, de leur côté, avaient été obligés d’approvisionner leurtravail avec des laines du dehors, augmentèrent cette produc-tion, comme nous l’avons dit, à partir du dix-huitième siècle,au point de devenir pourvoyeurs à leur tour de l'étranger et no-tamment de l'Angleterre. L'Espagne était également comptéealors au nombre des plus importantés productrices. À partir ducommencement du dix-neuvième siècle, la Russie, grâce à sonimmense territoire et à ses climats divers, où l’on trouve de-puis le mouton sauvage jusqu’aux laines les plus perfection-nées, développa ses troupeaux au point de posséder plus de50 millions de moutons dans ces derniers temps, et put, àson tour, prendre une large part à?l’approvisionnement desmanufactures de ses voisins. Ses laines plus fines, en général,que celles de la France, n’en offrent cependant pas toutes lesqualités; si certaines d’entre elles sont aussi nerveuses que cellesde notre pays, elles manquent parfois de souplesse. Si on ajouteà ces provenances les contrées du Levant, de l’Amérique duSud et du Cap, ensemble pour des quantités plus ou moins no-tables indiquées plus loin, on aura à peu près tous les paysproducteurs qui fournissaient exclusivement, jusqu’il y a unevingtaine d’années, à l’Europe industrielle les laines qui luimanquaient. À partir de cette époque, les importations d’outre-mer ont considérablement augmenté, grâce à l'améliorationdes troupeaux et à l'invention de machines qui ont permis dedébarrasser automatiquement et économiquement les matièrespremières dé certaines impuretés et corps étrangers, et entreautres de petits chardons ou graterons qui adhéraient intime-ment aux toisons. Jusqu’alors, cette opération occasionnait unedépense de main-d'œuvre tellement élevée, qu’on ne pouvait yavoir receurs qu'’exceptionnellement*.
! L'invention modeste en apparence de la maçhine à égratronner quenous décrivons plus loin dans la partie technique, à eu unie influence dé-
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