PROGRÈS ET DÉVELOPPEMENT DES LAINES. 175teillage analogue à celui du lin et très-simplement exécuté parune machine spéciale, assez semblable à la broie mécaniqueusitée pour cette matière filamenteuse. Les feuilles, préalable-ment bien secouées, sont placées dans une trémie qui les dé-verse sur une toile sans fin tendue par deux rouleaux. Cettetoile les conduit entre un système de cylindres cannelés en boisdur ou en fonte, l’épiderme se brise si complétement sous lapression, qu'il ne reste presque plus de travail à faire pour net-toyer le produit.
Au lieu de cet appareil, on pourrait aussi employer la broiebelge, après l’avoir modifiée convenablement.
La dernière opération est encore exclusivement pratiquée àla main. Les feuilles, teillées, sont battues avec des verges flexi-bles sur des toiles élastiques et bien tendues; on les promèneensuite avec la main sur des tamis en fils métalliques, puis onles étire pour en déméler et redresser la fibre. La laine végétaleest alors prête à recevoir les préparations spéciales pour chacundes emplois auxquels on la destine.
Plusieurs opérations pourraient cependant être plus sûre-ment exécutées par des machines. Ainsi, au lieu de battrela laine aux baguettes, on pourrait facilement exécuter ce travaildans'un appareil qui présenterait de l’analogie avec un cylindrede papeterie.
L'épluchement ou le feutrage pourraient encore très-bienêtre opérés dans un loup ou dans un arçon de chapelier.
Le résidu du teillage, le déchet ligneux surtout, peut êtrebrûlé dans des vases fermés où l’on recueille sur des toiles unnoir de fumée dont la finesse est des plus grandes, et parfai-tement propre à la peinture.
Le produit que l’on obtient par les opérations décrites, est une
matière filamenteuse, frisée et assez fine, d’un vert tirant sur le
desfilaments mêmes, mais elle provient des restes de matière colo-
jaune ou sur le gris. Cette nuance n’est cependant pas celle