232 PREMIÈRE PARTIE,
« Si d’une main l'on prend un cheveu par la racine, etqu’on le fasse glisser entre les deux doigts de l’autre main dela racines ver la pointe, l’on n’éprouve presque aucun frotte-ment, aucune résistance, et l’on n’entend aucun bruit; maissi en le pinçant, au contraire par la pointe, on le fait glisserde même entre les doigts de l’autre main de la pointe vers laracine, on éprouve une résistance qui n’avait pas lieu dans lepremier cas, et il se produit un frémissement perceptible autact, et qui se manifeste encore par un bruit à l'oreille.
«On voit déjà que la contexture de la surface du cheveun’est pas la même de la racine vers la pointe, que de la pointevers la racine, et qu’un cheveu lorsqu’il est pressé, doit éprouverplus de résistance pour glisser et prendre un mouvement pro-gressif vers la pointe, que pour glisser vers la racine; maiscomme c’est cette contexture elle-même qui fait l’objet prin-cipal de ce mémoire, il est nécessaire de la confirmer encorepar quelques autres observations.
« Si, après avoir saisi un cheveu entre le pouce et l’index,on fait glisser les doigts alternativement l’un sur l’autre, etdans le sens de la longueur du cheveu, le cheveu prend unmouvement progressif dans le sens de sa longueur, et le mou-vement est toujours dirigé vers la racine. Cet effet ne tient nià la nature de la peau des doigts, ni à sa contexture; car si onretourne le cheveu de manière que la pointe soit à la place dela racine et réciproquement, le mouvement a lieu en senscontraire, c’est-à-dire qu’il est toujours dirigé vers la racine.
« Il se passe donc ici une chose parfaitement analogue à cequi arrive dans un certain jeu des enfants de la campagne,lorsqu'ils introduisent un épi de seigle entre le poignet et lachemise, les pointes des barbes en dehors; dans les différentsmouvements du bras, cet épi, en s’accrochant tantôt à la peauet tantôt à la chemise, prend un mouvement progressif, reculeet arrive bientôt à l’aisselle. Or, il est évident que cet effet est