CARACTÈRES ET PROPRIÉTÉS DES FIBRES. 233produit par les barbes mêmes de l’épi, et principalement parles aspérités de ces barbes, qui, étant toutes dirigées vers lapointe, ne permettent le mouvement que du côté par lequell’épi tenait à la tige. Il faut donc qu’il en soit de même ducheveu, et que sa surface soit hérissée d’aspérités qui, étanttoutes couchées les unes sur les autres du côté de la pointe, nepermettent de mouvement que du côté de la racine.
« Un nœud serré fait au milieu d’un cheveu est très-difficileà défaire par un procédé direct à cause de la ténuité de l’objet;mais si l’on couche le cheveu dans le pli de la main, de ma-nière que le nœud soit placé dans le prolongement du petitdoigt, et qu’après avoir saisi le cheveu en fermant la main, onfrappe du poing une douzaine de coups sur le genou, les aspé-rités d’une des branches du nœud étant dirigées en sens con-traire des aspérités de l’autre branche, chacune de ces bran-ches recule peu à peu, l’une dans un sens, l’autre dans le senscontraire, le nœud s'ouvre; et, en introduisant une épingledans l’œil qui s’y forme, il est très-facile d’achever de le dé-faire.
« Ges observations, qu’il serait superflu de multiplier da-vantage, sont toutes rapportées sur le cheveu pris pour exem-ple; mais elles ont également lieu pour les crins, pour les brinsde la laine, et en général pour les poils de tous les animaux.
« D’après cela, il est facile d'expliquer pourquoi le contactdes étoffes de laine sur la peau est rude, tandis que celui de latoile est doux; car les aspérités des brins de la laine, quelqueflexible que soit d’ailleurs chaque brin en particulier, en s’ac-crochant à la peau, fait éprouver une sensation désagréable, àmoins: qu’on n’y soit accoutumé; tandis que les fibres ligneuseslisses dont la toile est composée ne peuvent faire éprouver riende pareil. On voit encore que la qualité malfaisante de la lainepour les plaies n'est occasionnée par aucune propriété chi-
mique, et qu'elle vient uniquement de la conformation de la